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L’INTEGRALE BEETHOVENIENNE DE RENAUD CAPUCON

ENTRETIEN-Avec trois concerts ce week-end, le violoniste donne au Grand-Théâtre la primeur de son dernier enregistrement : l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, avec le pianiste Frank Braley.

Pourquoi avez-vous choisi Bordeaux pour débuter votre tournée de promotion de cette intégrale des sonates de Beethoven ?
Renaud Capuçon : Je m’y sens en confiance. Bordeaux est la ville où j’ai fait, en 1996, mon premier vrai concert. L’ONBA et le Grand Théâtre m’ont donné ma chance, et je ne l’oublie pas. De plus, les conditions sont idéales pour donner cette intégrale en public : trois concerts le temps d’un week-end. Cela nous permet de jouer les dix sonates dans l’ordre chronologique, donnant à l’auditeur le sentiment de parcourir un chemin. Dans ces conditions, on entend différemment les dernières sonates.


Quand vous est née l’envie de cette intégrale avec le pianiste Frank Braley ?
R.C. : Elle est le fruit de 14 ans de travail, depuis notre rencontre en 1996. Je sortais tout juste du conservatoire et il avait obtenu le premier prix et le prix du public du Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique : il m’impressionnait ! Et pourtant je me suis très vite senti proche de lui, car il était assez différent des autres pianistes. Ces sonates de Beethoven sont la première chose dont nous avons parlé. Depuis 14 ans, nous avons travaillé ces dix pièces, au fur et à mesure, en en programmant dans nos récitals commun, sans penser à réaliser une intégrale. Puis nous l’avons jouée lors d’une nuit marathon au festival de La Roque d’Anthéron. Grâce à ces expériences, nous avons su que nous voulions les fixer dans le temps. Nous étions d’accord sur ce point : il fallait les éprouver au concert avant de les enregistrer. (1)

En quoi cette intégrale est-elle une étape pour vous ?
C’est ma première grande intégrale, un rêve d’enfant ! Jeune, je n’avais pas l’ambition de jouer les grands concertos virtuoses ou les Paganini… pour épater la galerie ! Je rêvais de ces sonates de Beethoven, plus intimes, plus profondes, comme souvent le répertoire de musique de chambre. En faire un disque n’était pas évident pour moi : j’avais dans les oreilles de telles références comme celle de Christian Ferras et Pierre Barbizet ou celle de Itzhak Perlman et Vladimir Ashkenazy… Notre interprétation de ces pièces a beaucoup évolué en 14 ans. J’ai changé trois fois d’archet durant cette période ! Le temps fait bouger les choses et il faut être patient.

Propos recueillis par Séverine Garnier

Récital Renaud Capuçon et Frank Braley, samedi 4 décembre à 18h et 21h et dimanche 5 décembre à 11h, au Grand Théâtre. Entrée : 8 à 40 euros. Réservations et renseignements : 05.56.00.85.95- www.opera-bordeaux.com.
(1) Capuçon-Braley, Beethoven, intégrale des sonates pour violon et piano, Virgin classics, sortie le 10 janvier.

Photo : Renaud Capucon – Franck Braley © François Darmigny licensed to Virgin Classics

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