LISA BATIASHIVILI ET BARTOK Batiashvili_2010_09_E_02-138_f1 Full view

LISA BATIASHIVILI ET BARTOK


INTERVIEW – Nouvelle star du violon venue de Géorgie, Lisa Batiashvili a comblé la critique avec son dernier disque « Echoes of time » où elle donne une version fine et intuitive du premier concerto pour violon de Chostakovitch. Elle jeudi soir avec l’ONBA le deuxième concerto de Bartók.

S.G. : Vous avez une histoire particulière avec ce concerto de Bartók, laquelle?
L.B. : Je l’ai travaillé pour la première fois il y a dix ans avec Anne Schumachenko (célèbre professeur de violon qui a formé de grandes violonistes comme Julia Fischer, NDLR). Anne avait travaillé avec Joseph Szigeli et Yehudi Menuhin, deux amis de Bartók. J’étais donc en contact avec une interprète qui s’était profondément imprégnée de cette musique et qui avait bien compris son identité. Très vite, il m’est apparu clairement que cette œuvre avait beaucoup de facettes et des points de difficulté très particuliers, comme de nombreux changements de caractère… ce qui est assez inhabituel dans le répertoire du violon. Quand j’interprète ce concerto n°2, j’ai le sentiment de jouer plein de morceaux de musique différents en un ! Avec un orchestre, sur scène, c’est encore plus intéressant.


S.G.: Cette musique semble faire écho à vos racines géorgiennes, pourquoi?
L.B. : La musique de Bartók est très expressive, intense et fortement liée au folklorique. Chez nous, en Géorgie, le folklore est très présent. Chaque Georgien sait chanter et danser les danses populaires du folklore. Cette attitude est commune aux pays oppressés par le régime soviétique qui ont précieusement gardé leur musique, fâchés que les Russes se l’accaparent. Le folklore est une langue à travers laquelle ils pouvaient exprimer leur amour pour leur pays.

S.G.: Vous jouez sur le stradivarius Engleman de 1709 cette œuvre de 1938, une performance aussi pour le violon ?
L.B.: Effectivement, la musique de l’époque de Stradivari exigeait moins de l’instrument que celle de Bartók ! Les musiciens actuels qui jouent ces violons d’exception ont dû apporter quelques petits changements techniques. Et l’on doit faire très attention à ne pas abîmer le violon (prêté par la Nippon Music Foundation, NDRL)! Chaque jour j’y pense, surtout pour la musique du XXe siècle, brutale et physique… mais bon, rien de mieux qu’un Stradivarius pour jouer Bartók !


>Echoes of time par Lisa Batiashivili et le Symphonieorchester des Bayernischen Rundfunks dirigé par Esa Pekka Salonen. Deutche Grammophon
>Concert ONBA, Jeudi 28 avril à 20h au Palais des sports. Entrée : 6 à 25 euros. Réservations et renseignements : www.opera-bordeaux.com et Tél. : 05.56.00.85.95

Article paru dans Sud Ouest du jeudi 28 avril.

Leave a comment