BRUNO COULAIS, UNE MUSIQUE POUR L’IMAGE coulais Full view

BRUNO COULAIS, UNE MUSIQUE POUR L’IMAGE

PORTRAIT – Quel est le point commun entre Brice de Nice, Les choristes et Microcosmos ? Un compositeur de musique. Bruno Coulais n’a pas honte de le dire : «Enfant je n’aimais pas le cinéma : Crin-Blanc, les Jules Verne, le Ballon rouge m’ennuyaient. Ce n’est qu’à 17 ans que je me suis pris de passion pour le cinéma, pour son histoire surtout.» Pianiste et violoniste de formation, Coulais rencontre le réalisateur François Reichenbach qui lui commande une musique pour un documentaire. «Au cinéma, le compositeur doit aller à la rencontre des metteurs en scène, entrer dans leur monde, mais sans renoncer au sien propre.», témoigne-t-il. Cette contrainte – se plier au tempo d’un autre – est «ce qui fait la beauté de la musique pour l’image, surtout quand le rythme change le rapport à la scène. Imaginez une course poursuite sur une musique très lente!» Pour pénétrer l’univers d’hommes aussi différents que Benoit Jacquot (Villa Amalia), Olivier Dahan (Déjà mort), et Mathieu Kassovitz (Les Rivières pourpres), Bruno Coulais est moins attentif à l’histoire qu’à la lumière qui «souligne ce qui n’est pas dit dans le film et me déclenche des idées musicales.» La cinémathèque française consacre à Bruno Coulais une rétrospective et fera donner une de ses rares compositions « classiques » : un Quatuor à cordes. Une dichotomie ? «La musique de film n’est pas un genre en soi. Elle fonctionne avec de nombreux styles. Je peux être autant touché par un chœur traditionnel bulgare que par Bartók.» Pourtant, le passage n’est pas si aisé entre la salle de cinéma et la salle de concert. «Pour jouer de la musique de film en concert, il faut souvent la retravailler. Pour les bandes-son, j’ajoute des bruits d’objets, des pierres, des jouets, etc… que l’on ne peut pas toujours amener sur scène!»



> Journée Bruno Coulais sur France Musique le lundi 9 mai et deux « Tapage Nocturne » les 8 et 15 mai à minuit. A réécouter sur francemusique.com

> Hommage à la Cinémathèque française du 4 au 18 mai.

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