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MARIANNE CREBASSA, TOUT POUR ELLE

PORTRAIT – Elle est apparue par surprise. Au festival de Radio-France à Montpellier en 2010, les mélomanes viennent entendre un opéra inouï en France : «Les Hauts de Hurlevent» de Bernard Herrmann, connu comme le compositeur des films d’Hitchcock. Marianne Crebassa n’y apparaît qu’au troisième acte pour jouer au piano une mélodie belle et triste. Puis elle se lève et, avec un port de tête de diva sûre d’elle, chante d’une voix ample et suave de mezzo. Pourtant elle n’a que 23 ans et vient à peine d’être admise à l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris. «Cette soirée a été pour moi un moment très particulier, raconte-t-elle. J’avais arrêté le piano depuis quelque temps et décidé que je ne ferais que du chant. Jouer à ce moment-là me réconciliait avec l’instrument. Je l’ai vécu comme un accomplissement.» Pour réussir cet exploit de jouer et de chanter – courant pour Véronique Sanson, moins pour une chanteuse lyrique – il fallait qu’elle se sente en confiance. A Montpellier elle est chez elle. Elle y a étudié le piano pendant 15 ans et le chant lyrique depuis ses 17 ans. C’est René Koering, le surintendant de la musique à Montpellier, qui a repéré son talent. Elle y revient en juillet dans une autre re-découverte lyrique : «La Magicienne» de Fromental Halévy, écrite en 1858. En version concert… Dommage pour Marianne qui, depuis qu’elle a interprété l’Orphée de Gluck dans une mise en scène de Dominique Pitoiset, a eu «un gros coup de cœur pour le théâtre».

> Festival Radio-France Montpellier Languedoc Roussillon, le 11 juillet 2011.
Photo : M.Crebassa©Luc Jennepin

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