EXERCICE COMPARATIF – Je suis sortie « mi-figue-mi-raisin » du concert de Francesco Tristano dans les Concertos pour clavier de J.S. Bach avec l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine.

J’ai rigolé de la vitesse à laquelle il s’attaque à ces partitions archi-connues, notamment le Concerto pour clavier et cordes n°7 en sol mineur, BWV 1058, joué à toute allure. Et pour moi, Bach n’est pas particulièrement le compositeur qui est censé vous faire rire ! D’habitude, ou Bach m’ennuie ou il m’emporte, c’est tout l’un ou tout l’autre. Et là, si je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer, je n’étais pas emportée : un manque de legato, une lecture sautillante qui donne aux accents italiens de certains de ces concertos une ambiance « Rondo Veneziano » (pour ceux qui ne se souviennent pas, cliquez ici), c’est à dire appuyé, lourd. Mais je peux reconnaître aussi que suivre Francesco Tristano, un pianiste amoureux de classique comme d’electro, est un exercice étonnant que les musiciens de l’ONBA ont passé la tête haute.

« Et les autres pianistes? » me demande mon accompagnatrice à ce concert, « vont-ils aussi vite ? », « Pour quel résultat? ». D’où cette petite écoute comparée autour de la Partita n°1 BWV825.

D’abord, le Francesco Tristano en question :

Ensuite, une cadence similaire avec Glenn Gould, le fou de Bach, un vrai génie, un style rien qu’à lui :

Une contre-proposition avec un pianiste « sensible », Alexis Weissenberg :

Et une référence du piano, classique parmi les classiques, Claudio Arrau :

Ma préférence va à Weissenberg, que j’adore déjà dans… Debussy ! Et celle de mon accompagnatrice au parfait Arrau.
Alors ? Votre verdict à vous ?