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STÉPHANE VÉRITÉ, ENFANT SENSIBLE

PORTRAIT – Il n’avait jamais vraiment fait le lien. Au moment de mettre en scène son premier opéra, « Les Enfants terribles » de Philip Glass, Stéphane Vérité s’est souvenu de ses années de lycée, à Tours. Déjà à cette époque, la fin des années 70, il se passionne pour la vidéo et « bidouille des films et des diapos pour créer un spectacle sur plusieurs écrans, avec un certain succès !», se souvient-il. « J’ai fait intervenir les étudiants de la classe musique pour mettre en valeur les images… déjà ! ». Aujourd’hui, il a bâti sa réputation sur ce travail des images, associées au théâtre, à la danse ou à la musique. C’est à lui que la direction de l’Opéra de Bordeaux a confié la tâche de mettre en valeur la musique du compositeur minimaliste américain et le roman de Jean Cocteau : un frère et une sœur enfermés dans un huis clos passionnel qui tourne au drame. « L’image est utilisée comme une toile peinte animée qui donne du sens à ce qui se passe sur scène. Il n’est pas question d’ajouter de l’art, des visages ou des paysages détachés du propos. Les enfants sont dans une chambre, l’image projetée est une chambre mais elle s’anime, évolue avec des éclairages qui viennent souligner la partie onirique de l’œuvre. » Fasciné par Cocteau, comme Philip Glass, il respecte son esthétique simple où « la simplicité du jeu des comédiens » complète le fantastique et l’étrange. Passer de la mise en scène de théâtre (il a à son actif Mademoiselle Else ou encore Quartett d’Heiner Muller) à l’opéra n’effraie pas celui qui a été le bras droit de la chorégraphe japonaise Carlotta Ikeda dont il garde « l’engagement incroyable, les propositions toujours déroutantes, le regard plastique sur les choses ». Pour elle, il avait dépassé sa « peur de devenir assistant, d’être noyé par une personnalité ». Une « trop grande sensibilité » qui lui avait fait refuser de devenir l’assistant de Patrice Chéreau, brillant metteur en scène de théâtre… et d’opéra.

Les Enfants terribles à l’Opéra de Bordeaux du 18 au 24 novembre. Tél. 05 56 00 85 95. Places : de 8 à 55 €. Retransmis sur France Musique le 15 décembre à 20 h.

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