CRI DU COEUR – Le dernier livre-bio de compositeur d’Actes Sud me déçoit et m’ennuie. Jacques Bonnaure, l’auteur de « Massenet » a honte de parler de la personnalité ou de la vie intime du créateur. Résultat ? Quatre lignes quand Massenet se marie ou quand sa fille divorce (et encore Jacques Bonnaure s’en excuse !). On sait quand le composteur naît et dans quel milieu (sans qu’on en tire le moindre intérêt), puis trente pages plus tard, il nous décrit les premiers signes de maladie, et, hop ! Le compositeur meurt. Entre temps : un long wikipédia décrivant les oeuvres, leur propos, leur popularité et leurs conditions d’écriture, les unes à la suite des autres. Pas un fil conducteur ni un vrai propos sur l’homme ou sur son oeuvre, encore moins une implication personnelle de l’auteur, seulement quelques pauvres lignes dans ce sens, aux premiers chapitres, qui ne seront par suivies plus tard. Si cruel pour un compositeur de l’amour, de la spiritualité et de la passion comme Massenet !
C’est un sentiment que j’éprouve souvent en lisant les volumes de cette collection (à part quelques notables exceptions, comme le « Moussorgski » de Xavier Lacavalerie) dont pourtant j’admire la démarche, la mission et la qualité. Mais attention messieurs (car évidemment une seule femme pour quelques 40 auteurs dans cette collection !), allez au delà de votre chair de musicologue et commentateur pour nous faire sentir, ressentir, comprendre, aimer ou détester. C’est au prix de cet effort-là qu’on fera découvrir la musique à un public nouveau, moins savant que vous peut-être mais toujours curieux et ouvert.