JULIEN CLERC, UN GRAND CLASSIQUE efr430-008-MF Full view

JULIEN CLERC, UN GRAND CLASSIQUE

INTERVIEW – Il s’entoure d’un orchestre symphonique de 40 musiciens pour sa nouvelle tournée. De « Let the Sun Shine » à « La nuit, c’est tous les jours » en passant par « Jaloux », « La belle est arrivée », « Jivaro Song », il donne l’occasion de redécouvrir ses mélodies et de présenter des extraits de son dernier album, « Fou, peut-être », dont les textes sont signés Alex Beaupain, Charles Aznavour ou Maxime Le Forestier. Il a fait appel à Philippe Uminski, chanteur et arrangeur, pour réussir cette transformation. Julien Clerc est animé d’un véritable amour de la musique classique. Entretien.

« Sud Ouest Dimanche ». D’où vient votre attachement à la musique classique ?
Julien Clerc. J’ai été énormément influencé par la musique classique. Cette tournée rendra hommage à celle qui est partie récemment, ma deuxième maman [NDLR : la deuxième femme de son père décédée en décembre], qui m’a ouvert à cette musique. Elle était une grande fan de classique, pianiste amateur éclairée et plus tard claveciniste. Plus de la moitié de la semaine, je vivais baigné dans cette musique. C’est elle qui m’a fait prendre mes premiers cours de piano, dès 6 ans.

Quel fut votre premier contact avec l’orchestre ?
Toujours ma deuxième maman. Adolescent, elle m’a inscrit aux Musigrains, des concerts interactifs au Théâtre des Champs-Élysées, avec une conférencière et l’orchestre qui racontaient la vie et l’œuvre d’un musicien. Le chef, Robert Blot, organisait des devinettes : les musiciens étaient cachés dans les coulisses et nous devions deviner quel instrument jouait. J’ai repris ce principe dans le spectacle : pendant que l’orchestre s’accorde, je fais deviner le public!

Comment est venue l’idée de ce projet symphonique ?
Elle était dans l’air du temps : Sting, Peter Gabriel et Calogero ont fait des expériences similaires. Mais il y a une raison plus profonde : la cohérence de l’orchestration symphonique avec la musique que je compose. Les chansons que j’ai écrites sont en partie influencées par les harmonies classiques. Je suis un ancien élève de piano qui écrit des chansons… même si je n’ai pas une grande formation musicale et que je fais tout à l’oreille. Le classique est la première musique qui m’a influencé.

Quels défis l’orchestre vous a-t-il lancés ?
Il faut jouer le jeu et ne choisir que des instruments « en bois », pas d’instrument électrique. Sting en a glissé dans son projet symphonique et j’ai trouvé que cela ruinait la cohérence de l’orchestre. Il ne faut pas se tromper de cible… Les deux enjeux sont l’arrangement et la prise de son qui doit rester celle d’un concert pop. Il n’était pas question de sacraliser mes chansons en utilisant un orchestre symphonique. Ça, je m’en moque!

En quoi la prise de son est-elle essentielle ?
Les concerts pop reposent sur les basses. Les contrebasses jouent de manière à créer une illusion pop. J’ai rebattu les oreilles des musiciens sur cette prise de son. Je me suis réjoui quand le directeur artistique de la maison de disques m’a dit : « On cherche les basses. »

Philippe Uminski est l’arrangeur de l’album et du spectacle. Pourquoi lui ?
J’ai écouté son travail sur l’album de Calogero et j’ai adoré. Je suis allé le voir et il a fait pour chaque chanson une maquette. Au moment d’écrire « Fou, peut-être », je pensais bien que certaines compositions s’inscriraient facilement dans ce projet. Philippe a dû adapter les autres pour orchestre symphonique.

Vos anciennes chansons se marient-elles facilement avec ces arrangements symphoniques ?
Oui. Je l’avais déjà constaté lors de mon spectacle de 1994, qui mariait rythmes pop et 20 instruments à cordes sur scène. La reprise de ces anciennes chansons a constitué un travail énorme, mais déjà à cette époque Jean-Claude Petit (l’arrangeur de « Ma préférence ») puisait dans ce répertoire symphonique. Quand il a écouté mes premières démos, il disait qu’il ne pouvait pas « faire américain », comme pour Claude François ou Stone et Charden, ni « français ». Alors il a pioché dans ce qu’il avait appris au conservatoire, dans ses cours de contrepoint et de mélodie ! Philippe Uminski s’est inspiré de ce travail.

Pourquoi faire appel à de nouvelles plumes – Julien Doré, Alex Beaupain, Mike Ibrahim ?
Pour un style d’écriture, leur façon d’associer les mots. Un style nouveau me pousse à puiser en moi-même de nouvelles idées. Je lis les textes d’Alex Beaupain et je sens que ces mots sont ceux d’un véritable nouvel auteur de chanson française. Alors là, la mélodie me vient en dix minutes ! Ces nouvelles inspirations : voilà ce qui me maintient en vie musicalement.

Julien Clerc Symphonique. Toutes les dates : 20 h ; 35 à 60 € ; 05 56 48 26 26 (sauf Pau et Toulouse). Le 7 février au Zénith de Toulouse (05 59 43 96 96), le 8 au Palio de Boulazac (24), le 9 à l’espace Carrat d’Angoulême, le 10 à la Patinoire de Bordeaux, le 11 au Zénith de Pau (05 59 82 93 97).

Leave a comment