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UN QUATUOR POUR LA CHINE

INTERVIEW – Le Quatuor de Bordeaux jouera en Chine en avril. En attendant, on pourra l’entendre samedi soir au Grand-Théâtre.

Ces derniers mois ont été intenses pour le Quatuor de Bordeaux. L’ensemble composé des violonistes Stéphane Rougier et Cécile Rouvière, du violoncelliste Etienne Péclard et de l’altiste Tasso Adamopoulos sera samedi sur la scène du Grand-Théâtre en habits de gala pour un concert d’œuvres parmi les plus célèbres et les plus belles du répertoire pour quatuor : « L’Alouette » de Haydn, le n° 14 de Beethoven – dont Schubert avait dit « Après cela, que reste-t-il à écrire ? » – et le quatuor n° 1 de l’opus 51 de Brahms.« Nous avons hésité pour ce dernier, explique Tasso Adamopoulos, car il est moins célèbre. Néanmoins il ne démérite pas. Brahms aurait brûlé vingt-cinq partitions pour quatuor avant d’achever celle-ci ! C’est tout simplement mon préféré pour son côté « symphonique ». Il met en valeur les quatre instruments, qui jouent en plein son.»

Pour préparer cette soirée, les quatre amis et jadis confrères (Etienne Péclard et Tasso Adamopoulos ont récemment quitté l’ONBA) se voient presque tous les jours… Une des exigences de cette formation considérée comme idéale. « Un bon quatuor est plus que la somme de quatre bons musiciens, commente Cécile Rouvière. La plupart finissent par se détester à force d’être toujours ensemble. Les quatuors issus d’orchestres institutionnalisés sont rares en France. Pour certains, nous sommes un quatuor amateur… Je prends le terme « amateur » au sens premier du mot, « celui qui aime », car nous faisons de la musique de chambre pour le plaisir de jouer ensemble! »

La compositrice Odile Perceau a probablement balayé la critique : appréciant la sonorité du quatuor de Bordeaux, elle leur a demandé de partir en tournée pour interpréter ses œuvres : « Garonne », un quatuor symphonique, et ses « Sept partitas romanes » pour violon et violoncelle. Après Munich en septembre, New York et San Francisco en octobre, les quatre Bordelais seront en avril en Chine. Ce spectacle scénographié – les quatre musiciens sont assis sur des cubes lumineux qui changent de couleur en fonction des tonalités – créé à Bordeaux en 2008, sera donné entre autres à Hong-Kong et dans la Cité interdite. « Ces lieux d’exception et la mise en scène mettent les spectateurs dans une ambiance contemplative, témoigne Etienne Péclard. La musique d’Odile Perceau est de facture classique, tonale, et donc accessible, presque romantique parfois. Les spectateurs sortent souvent très émus.» Une émotion que Cécile Rouvière aimerait retrouver samedi au Grand-Théâtre. « Les amateurs de musique classique pensent que le quatuor est très formel alors qu’il n’y a vraiment pas besoin d’être initié pour apprécier cette musique.»

Samedi 18, 20 heures, au Grand-Théâtre de Bordeaux. De 8 à 35 €. 05 56 00 85 95 – www.opera-bordeaux.com

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