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Nora Gubisch, moderne par tradition

PORTRAIT – La musique est-elle génétiquement transmissible ? Pour se raconter, la pétillante mezzo soprano Nora Gubisch doit remonter à son ancêtre, Ricardo Viñes (1875-1943), pianiste catalan interprète des compositeurs du début du siècle. L’enfance de Nora fut ponctuée de «plein d’anecdotes sur lui et Maurice Ravel. Pour moi, ils n’étaient plus ces compositeurs extraordinaires, c’était la famille!».

De ce défricheur, elle a hérité ce goût de créer des œuvres de son temps. «Les partitions de musique contemporaine ne me font pas peur ! C’est notre devoir de les créer», à l’image des belles « Nuit hallucinées », écrites pour elle par Thierry Escaich. À dix ans, Nora Gubisch entre à la maîtrise de Radio-France, où elle se découvre «une voix étrange, très grave», et une envie féroce de chanter «non pour le plaisir mais pour incarner des personnages», comme cette formidable marâtre dans « Cendrillon » de Massenet cet hiver à Bruxelles. Un très beau souvenir musical… et familial : elle y retrouvait pour plusieurs semaines son mari le chef Alain Altinoglu qui poursuit une carrière internationale. «Chanter ensemble est une évidence, un bonheur absolu dont nous jouissons depuis vingt ans. On s’est formés l’un à côté de l’autre». Ils se retrouvent pour des disques («Ravel : Mélodies» chez Naïve), et pour une tournée en avril avec l’Ensemble Intercontemporain autour des « Folk Songs » de Berio et des « Trois Poèmes de Mallarmé » de Ravel. Les mythiques Folks Songs ? «Un classique du répertoire» à côté duquel Ravel apparaît d’une «extrême modernité».

L’intégralité de l’entretien avec Nora Gubisch est à lire dans Sud Ouest du samedi 28 avril.

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