QUATUOR DE TOKYO : LE CHAT EN MUSIQUE Quatuor de TokyoCrédit photo Pete Checchia Full view

QUATUOR DE TOKYO : LE CHAT EN MUSIQUE

Quatuor Tokyo © Pete Checchia
COMPTE – RENDU – Si le Quatuor Tokyo était un animal ? (Pardon de jouer au portrait chinois avec un ensemble « japonais ») Il serait un chat. Pour la souplesse des gestes amples de son violoncelliste Clive Greensmith dans le deuxième mouvement de l’opus 76 n°6 de Haydn dont la douceur sonore laisse rêveur. Pour la force intériorisée de Kikuei Ikeda et Kazuhide Isomura, qui ont fondé cette célèbre formation il y a quarante ans.
Bientôt retraités du quatuor, le second violon et l’alto n’ont plus rien à prouver. De leurs archets, ils offrent les phrases musicales comme des cadeaux à leurs camarades pour créer une unité sonore exceptionnelle. Le quatuor n°3 de Bartók, fait d’une succession de séquences musicales presque indépendantes, révèle sa cohérence, au delà d’une parfaite maîtrise des pizzicati et des « con legno », (notes frappées avec le bois). Dans cette osmose, on est presque étonné qu’un premier violon doive dominer. Martin Beaver est brillant, puissant comme un bon matou. Leur quatuor de Beethoven et leur bis (le deuxième mouvement du quatuor de Debussy) rappelle que les Tokyo ont marqué l’histoire de l’interprétation, avec leur humilité et leur concentration comme identité. Le public bordelais, qui l’entend sans doute pour la dernière fois puisque la formation ne survivra pas au départ de ses fondateurs, était particulièrement fervent. Sans nul doute, ces chats musiciens, comme dans l’Egypte ancienne, seront acceptés dans la demeure des dieux, au cœur des temples de nos mémoires.
Mercredi 9 mai au Grand-théâtre de Bordeaux

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