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LES PAGES CLASSIQUES DE NINO ROTA

INTERVIEW – Grand compositeur de musiques de film (Le Parrain, Le Guépard, La Dolce Vita), Nino Rota (1911-1979) a également signé de nombreuses partitions classiques, la plupart inconnues du grand public français. L’altiste roumaine Aida Carmen Soanea veut rendre justice au maestro italien avec « hommage à Nino Rota », spectacle présenté jeudi au Pont-Tournant à Bordeaux.
S.O. : Pourquoi vous intéresser à Nino Rota ?
A.C.S : Je suis fan de cinéma italien et des films de Fellini où la symbiose entre les images et la musique de Rota est essentielle. Lors de voyages en Italie, j’ai découvert le travail et la personnalité de Nino Rota notamment au conservatoire de Bari qu’il dirigea à la fin de sa vie. Il a composé de nombreuses partitions classiques pour le grand orchestre, la musique de chambre et même l’opéra. Elles sont peu connues en dehors de l’Italie.

S.O. : Comment qualifieriez-vous son style ?
A.C.S : Le malheur de Rota fut d’avoir un style traditionnel à une époque qui méprisait cela. Contrairement à ses contemporains (Luigi Nono ou Karlheinz Stockhausen), il a gardé la mélodie comme idée centrale. Il serait plus proche des compositeurs français du début du siècle du Groupe des six comme Francis Poulenc, Darius Milhaud ou Eric Satie. Ce style classique était aussi sa force car il lui a permis de travailler et de comprendre les réalisateurs comme Fellini, même si pour Rota l’écriture de musiques de film tenait une place mineure dans sa production.
S.O. : Quelles œuvres allez-vous faire découvrir aux spectateurs ?
A.C.S : De la musique de chambre. Je suis entourée de mon mari le violoncelliste Romain Garioud (1er prix au CNSM de Paris) et de notre ami le pianiste Andrei Jusso (soliste à l’Orchestre de Montpellier). Nous jouerons des pièces pour alto et piano, dont « Intermezzo », une pièce très virtuose, le « Trio pour alto, violoncelle et piano », ou encore les « Tre Pezzi » (trois pièces), écrites au départ pour deux flutes mais souvent jouées par d’autres instruments. Je sais que Rota approuvait cette liberté. Son approche de la musique était étonnante : il avait l’habitude de faire écouter ses nouvelles compositions à ses amis qui ne connaissaient rien à la musique, qui n’allaient pas au concert. Ce n’est pas la technique qui l’intéressait mais le pur sentiment, le plaisir du public.
Jeudi 24 mai, 20 h 30, Pont-Tournant, rue Charlevoix-de-Villers. De 12 à 20 €. 05 56 11 06 11.

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