UN MOMENT RARE DE COMMUNION INTIME

COMPTE-RENDU – « Merci d’être venus si nombreux car nous essayons depuis quatre ans de donner ce programme et chaque fois on nous le refuse, prétextant qu’il n’y aura personne ». Aux mots de Lionel Meunier, le directeur de l’ensemble Vox Luminis, le public de l’Abbaye aux Dames, pleine en cette fin de concert, mercredi soir, a explosé de rire.  Stephan Maciejewski, le directeur artistique du festival, a eu raison d’avoir confiance en ce jeune ensemble : les Vox Luminis ont fait preuve d’une magnifique maîtrise du répertoire allemand baroque du début du 17e dans les œuvres de Samuel Scheidt et Henrich Schütz. Leur voix ont toutes des qualités personnelles (le timbre pour Bertrand Delvaux, la profondeur pour Lionel Meunier, l’apesanteur pour Kristen Wimer, la clarté pour Zsuzsi Tóth, etc.) mais leur force est dans leur union et les couleurs harmoniques chaudes, lumineuses et subtiles qu’ils produisent. Il ont également prouvé leur capacité à pécher des perles dans le répertoire oublié de cette époque : le quatuor d’hommes de Thomas Selle, très exigeant techniquement, est une splendeur. Le public a vécu un moment rare de communion intime avec cette douzaine de musiciens et chanteurs. Vox Luminis correspond parfaitement à « l’esprit Saintes » : l’amour pour la langue allemande, un engagement psychologique voire spirituel envers le texte, un enthousiasme contagieux, une humilité et une sincérité dans l’émotion. Lionel Meunier et ses acolytes ont pu le vérifier : nombreux sont les mélomanes, les novices comme les plus avertis, qui sont venus leur confier qu’ils avaient vécu avec eux le plus beau concert de cette édition. Avec Thomas Selle ou les précurseurs de J. S. Bach (leur bis était un motet de Johan Christoph Bach), ils reviendront à Saintes, c’est une évidence.

Concert du mercredi 18 juillet 2012 à Saintes
Article publié dans le journal Sud Ouest, édition de Saintes.

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