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Claude Debussy en Côte basque

FESTIVAL – Le festival Musique en Côte basque rend un hommage tout particulier au compositeur français, qui a séjourné à Saint-Jean-de-Luz.
Il y est venu à la fin de sa vie, à l’été 1917, gravement affaibli par le cancer et fortement déprimé par la Grande Guerre. Et pourtant, Claude Debussy a donné ses deux derniers concerts à Biarritz et à Saint-Jean-de-Luz, revigoré par le jardin paisible du chalet Habas, où il séjourne. Rien de plus légitime, alors, que le festival Musique en Côte basque, du 22 août au 14 septembre, fête dignement l’anniversaire des cent cinquante ans de la naissance du plus révolutionnaire des compositeurs français de l’époque moderne.

Comme beaucoup de mélomanes, Philippe Bianconi a découvert Debussy dans sa jeunesse : « Sa musique m’était si immédiatement naturelle que, pendant longtemps, je n’ai pas perçu son côté révolutionnaire. » Le pianiste interprétera l’intégralité des vingt-quatre préludes dont les fameux « La Fille aux cheveux de lin » et « La Cathédrale engloutie ».
Bianconi vient d’enregistrer ce programme dans un disque superbe (il est déjà gratifié d’un Diapason d’or) qui sortira le 28 août, jour de son concert à l’église d’Urrugne. Cette intégrale est une « joie » que seul le festival lui offre : les autres programmateurs, trop frileux, n’osent pas proposer une soirée entièrement consacrée à ces préludes dont certains (« Canope » ou « Feux d’artifices ») sont d’une modernité déroutante. « Un siècle après, constate Philippe Bianconi, la musique de Debussy reste encore difficile d’accès à certains mélomanes car elle bouscule les codes de son époque, notamment le travail des tonalités ou la structure du temps. Elle induit une perte de repères qui n’existait pas – ou peu – auparavant, ni même chez les contemporains de Debussy. Il y a une sensualité chez lui que certains ne ressentent pas. »
Une autre saveur
Même quand on l’aborde de manière plus cérébrale, l’œuvre de Debussy reste d’une extraordinaire richesse et d’une inventivité dont nombre de compositeurs s’inspireront. Les partitions jouées lors du festival prendront forcément une autre saveur, dans ce contexte de la Côte basque : Isabelle Faust et Alexander Melnikov donneront la Sonate pour violon et piano que Claude Debussy écrivit quelques mois avant son séjour à Saint-Jean-de-Luz. Jean-Yves Thibaudet jouera – entre autres – « L’Île joyeuse », pièce pour piano que Debussy travailla cet été là avec une jeune concertiste : Marguerite Long.
D’autres excellents musiciens serviront la musique de Debussy et de ses contemporains lors de concerts à Bayonne, Anglet, Biarritz et Ascain. Apothéose de ce pèlerinage musical, le festival s’achèvera par un concert dans le chalet Habas.



Du 22 août au 14 septembre à Saint-Jean-de-Luz et dans sa région. 21 à 51 euros. 05 59 26 03 16. 
Quelques dates choisies :
– 30 août – 21 h, église de St-Jean-de-Luz : Requiem de Fauré par le Chœur de la Radio Flamande et le Brussels Philharmonic Orchestra dirigés par Hervé Niquet.
– 1 septembre – 21 h, cloître de Bayonne: Sonates de Debussy et Fauré par Isabelle Faust, violon et Alexander Malnikov, piano.
– 4 septembre – 21 h, église Saint-Léon à Anglet : Musique de chambre de Debussy par Marielle Nordmann, harpe et le Quatuor Debussy.
– 5 septembre – 21 h, casino municipal de Biarritz : musique de chambre avec Philippe Bernold, flute.
– 6 septembre – 21 h, église de Ciboure : œuvres pour piano de Debussy par Jean-Yves Thibaudet.
– 14 septembre – 18 h, Jardins du Chalet Habas, St-Jean-de-Luz : concert de Jean-François Heisser et les solistes de l’Académie Ravel.

photo ©Bernard Martinez
Article paru dans Sud Ouest.

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