Reprise des « Enfants terribles » glass-prA-CC-83-C2-A9gA-CC-83-C2-A9nA-CC-83-C2-A9-45-Fre-CC-81de-CC-81ric-Demesure Full view

Reprise des « Enfants terribles »

OPERA – Le théâtre de l’Athénée à Paris donne, fin novembre, l’opéra de Philip Glass mis en scène par Stéphane Vérité. Mon conseil : réservez !

Cette production fut la belle surprise de l’année 2011/2012 à l’Opéra de Bordeaux. « Les enfants terribles » de Philip Glass dans la production de Stéphane Vérité est reprise cet automne au Théâtre de l’Athénée à Paris. Ce dernier a réussi une très belle mise en scène grâce à un large dispositif vidéo, art dans lequel il évolue depuis plusieurs années (lire son portrait dans ce blog). 
Un seul exemple pour vous persuader d’y aller : le décor principal est la chambre du frère et de sa soeur, Paul et Elisabeth, dont la relation incestueuse est l’objet de l’oeuvre de Jean Cocteau dont le livret est directement tiré. Derrière de vieilles affiches, des lits gris et des fenêtres sans perspective, Stéphane Vérité fait venir, grâce à l’image, d’immenses vagues symbolisant les débordements de la conscience des protagonistes. C’est juste magnifique autant qu’éclairant sur l’oeuvre : que demander de plus à une mise en scène ? 
Côté distribution, on retrouvera à Paris le jeune et excellent quatuor de chanteur/acteurs : Chloé Briot en Elisabeth, Guillaume Andrieux en Paul, Amaya Dominguez en Agathe, Olivier Dumait en Gérard. La direction d’acteurs est subtile et vivante, Stéphane Vérité ayant choisi de souligner d’avantage la jeunesse des personnages que d’expliciter les enjeux psychologiques entre eux, encore un exemple de son intelligence dans la lecture de la poignante oeuvre de Cocteau. 
Si vous n’êtes pas encore convaincu que Philip Glass est un grand compositeur, cette production peut vous y amener sans heurt. Le dispositif musical est simple : trois pianos et basta ! La musique minimale a cette force d’induire délicatement la modulation dans la musique, sous un premier abord répétitif. Elle est à mes yeux parfaite pour souligner la naissance, petit à petit, d’un sentiment, d’un amour comme d’une haine, ou encore d’illustrer comment la culpabilité et la mélancolie s’installent et grignotent morceau par morceau l’intérieur de l’âme. Vous comprendrez pourquoi elle « marche » si bien avec ce thème très psychologique des « Enfants terribles ».

Les Enfants Terribles au Théâtre de l’Athénée, du 23 novembre au 2 décembre.
Photos © Frédéric Demesure

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