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Un bœuf mode Tharaud

CD et CONCERT – Le pianiste fait revivre l’ambiance du Bœuf sur le toit, cabaret des années folles où se retrouvait le Paris bohême chic.

Coco Chanel, Picasso, et surtout Jean Cocteau se précipitaient presque tous les soirs au Bœuf sur le toit, au 28 rue Boissy d’Anglas à Paris. Dans ce restaurant, artistes de tous bords se lançaient dans des concerts sans programme, à «faire un Bœuf», expression intégrée depuis au dictionnaire. Dans son dernier album (Virgin), le pianiste Alexandre Tharaud fait revivre l’ambiance délirante de ce lieu mythique des années folles.

Il a convié le Paris bohême chic de 2012 : Bénabar (imitant Maurice Chevalier), Juliette (parfaite Yvonne George), Madeleine Peyroux (clin d’oeil à Joséphine Baker), et Guillaume Gallienne. La comparaison s’arrête là. « Il n’existe pas un tel lieu à Paris aujourd’hui, juge Alexandre Tharaud. Il faut une guerre aussi effroyable que la Première guerre mondiale, pour provoquer la naissance d’un Bœuf sur le toit où éclatent la liberté des mœurs, la libération de la femme, et où l’on étanche sa soif d’une musique joyeuse, violente, nostalgique… le jazz.»

Au Bœuf sur le toit la musique classique va s’imprégner des nouvelles sonorités des jazzmen américains, invités par Jean Wiener. Cet excellent pianiste et compositeur a compris avant Ravel que le jazz provoquerait un cataclysme dans l’histoire de la musique. On déchiffre Cole Porter et George Gershwin, on adapte Wagner en mode jazzy et Chopin sur un rythme de fox-trot. Le bon temps Alexandre ? «Aujourd’hui, le monde de la musique classique se prend trop au sérieux…»

Journée de concert le 14 octobre à la Cité de la Musique à Paris. Les mémoires de Jean Wiener sont réédités chez Fayard.

Photo © Marco Borggreve

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