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Luis Fernando Pérez : le piano d’Espagne

CONCERT – Luis Fernando Pérez incarne le renouveau du piano espagnol. A entendre ce soir à Bourg-sur-Gironde dans un programme romantique.
Faut-il être espagnol pour jouer la musique espagnole, celles de Enrique Granados (1867-1916) et d’Isaac Albéniz (1860-1909) notamment ? Telle est la question impertinente qui se pose à l’écoute de Luis Fernando Pérez. Le pianiste donne un récital ce soir à la citadelle de Bourg-sur-Gironde à l’invitation de l’association Bourg, Arts et Vins.
Né en 1977 à Madrid, il a tiré son épingle du jeu en France avec sa nationalité comme atout. Il faut dire que ses interprétations des « Goyescas » (parues en novembre sur le label Mirare) forcent le respect par leur suavité et leur vitalité. Des caractéristiques espagnoles ? « Pas forcément, répond le pianiste. S’il faut être espagnol pour jouer Granados alors il faut être russe pour jouer Rachmaninov… »
De Granados à Rachmaninov
Cela serait bien embêtant pour ce pianiste qui a construit le récital de vendredi sur l’écho entre les « Goyescas » de Granados et les « moments musicaux » de Rachmaninov ! « Pour jouer les Goyescas, concède Luis Fernando Pérez, c’est important de connaître l’époque de Goya, la société madrilène de l’époque, le folklore musical du pays. Rachmaninov et Granados sont deux compositeurs nationalistes de la fin de l’ère romantique. Leur musique est profonde et exprime toute la palette des sentiments. Leurs deux styles sont très lyriques et ces deux partitions sont peut-être les plus abouties de leur parcours. »

Pour rythmer son programme, le pianiste a ajouté trois préludes de l’opus 23 de Rachmaninov et les Trois danses espagnoles de Granados. « Cela permet également de montrer d’autres facettes des compositeurs », explique le pianiste qui ne cède pas aux sirènes marketing quand il défend la musique de son pays. « J’ai choisi de la jouer ! La musique de Granados est particulière, finalement très peu connue en dehors de l’Espagne où elle est très respectée. Je suis toujours surpris de l’engouement que suscite la musique espagnole en France. J’en suis très heureux ».
Ce soir, 20 h 30, à la citadelle de Bourg-sur-Gironde. 25 €. Tarifs réduits à 5 et 10 €. Dégustation de vins après le concert. Renseignements et réservations : 05 57 68 31 76 ou www.bourgartsetvins.com
Article paru dans Sud Ouest

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