L’esprit du piano, très libre pogorelich-ivo-photo.jpeg Full view

L’esprit du piano, très libre

FESTIVAL – Jazz, romantisme et création sont au programme de la troisième édition du festival de piano de Bordeaux.

Les festivals de piano ? Sa spécialité ! Après Piano aux Jacobins à Toulouse et Piano en Valois à Angoulème, Paul-Arnaud Péjouan a fait naître l’Esprit du piano à Bordeaux, avec succès puisqu’il l’a même exporté en Chine, à Canton. La troisième édition renoue avec une formule pertinente : programmer de brillants interprètes du clavier, maîtres ou jeunes talents, s’illustrant tant dans le piano classique que le jazz. Pour tous les entendre, il faudra traverser la Communauté urbaine de Bordeaux de long en large, du Galet de Pessac au Rocher de Palmer à Cenon, en passant par le théâtre Fémina, l’Amphi 700, et le Grand-Théâtre bien sûr.
Chaque édition a sa figure tutélaire. Cette année, son nom est Ivo Pogorelich. La réputation de ce dernier se cristallise en 1980 à l’illustre Concours Chopin de Varsovie. Son élimination au deuxième tour a provoqué la démission d’un éminent membre du jury : Martha Argerich ! Sans Premier prix mais avec une sacrée marraine, Pogorelich a montré de par le monde sa personnalité romantique, son esprit découvreur et indépendant.
Ces trois adjectifs peuvent s’appliquer au festival L’Esprit du piano. Romantique pour les programmes de Geoffroy Couteau et Hannes Minnaar. Le premier formé à l’école française s’est déjà illustré avec un disque Brahms et donnera à Bordeaux un récital largement romantique avec Schumann, Schubert et Saint-Saëns. Le second, jeune talent formé à Amsterdam auprès de Mehanem Pressler, a choisi les Préludes de Chopin. Pour les découvreurs, il faudra regarder du côté du jazz avec Edouard Ferlet et Giovanni Mirabassi, moins interprètes que compositeurs et improvisateurs, à qui l’Esprit du piano donne carte blanche.
Quant à l’indépendance, on peut écouter les yeux fermés Philippe Bianconi dans une sélection des Préludes de Debussy. Au disque et au concert, Bianconi célèbre la modernité du génial compositeur français et sauve, au passage, le bilan un peu terne du 150e anniversaire de sa naissance ! Autre figure libre et experte du piano, Nicholas Angelich va créer, avec l’Orchestre National de Bordeaux-Aquitaine, le Concerto pour piano et orchestre de Baptiste Trotignon, intitulé Different Spaces, lors de deux soirées dans le cadre du Festival Novart. 

L’esprit du piano, du 13 au 19 novembre, différents lieux de la CUB. De 6 à 70 €.

Leave a comment