Succès pour la dame de choeur 2007HaydnLAMARQUE055 Full view

Succès pour la dame de choeur

COMPTE-RENDU – La chef de choeur Eliane Lavail a rempli la patinoire pour son jubilé.
Samedi soir, la patinoire de Bordeaux était comble. Johnny Hallyday ? Mickey Mouse ? Non, Hector Berlioz (1803–1869). Le compositeur romantique est l’un des préférés d’Eliane Lavail, figure du chant choral aquitain, qui fêtait cinquante ans de carrière avec son Requiem. La Messe des morts n’est pas une partition anodine dans l’histoire de la musique : Berlioz avait rêvé de mobiliser mille musiciens pour l’interpréter. Eliane Lavail a donc fait appel aux ensembles amateurs de la région : Choeurs de l’EMM de Talence, Voyageur, Tutti Colcanto, de l’OPPB, Opus 33, de l’ORBCB, Polifonia, les ensembles vocaux d’Aquitaine, Arianna, Oratorio d’Agen, Stella Montis, les groupes vocaux Arcana et Arpège. Soit près de sept cents choristes, tous vêtus de noir, occupant une tribune entière, les voix masculines au centre, les voix féminines de part et d’autre.

Pour les accompagner : l’Orchestre Aquitaine Hauts-de-Garonne et l’Orchestre d’Harmonie des Forces Aériennes de Bordeaux. Ces derniers ont assuré la première partie, en interprétant deux œuvres symphoniques de Berlioz, sous l’oeil avisé du Colonel Véronique Batut, commandant de la Base aérienne 106. Une autre chef est ensuite montée sur une haute estrade, Eliane Lavail, brillant autant par sa robe à paillettes noires que par son charme : il n’y a qu’à feuilleter l’album photo souvenir reproduit dans le programme de la soirée pour constater la beauté et l’élégance de la musicienne. Les regards des choristes et de la centaine de musiciens de l’Orchestre Aquitaine Hauts-de-Garonne se sont alors tournés vers elle, et le Requiem a commencé.

Comme l’a rappelé Daniel Chrétien, président de l’association Polifonia, dans son discours d’introduction, Eliane Lavail est très attentive à la justesse et à la prononciation, deux ingrédients fondamentaux de l’art vocal. Sa réputation n’a pas été mise à mal samedi soir : le choeur a bien négocié les passages doux et délicats de Berlioz, comme le passage « Quaerens me », entièrement a capella. Le « Tuba Mirum » – qui est un moment critique des Requiem, car il annonce le jugement dernier – a fait entrer quatre ensembles de cuivres répartis aux points cardinaux, sur les hauteurs de la salle… malheureusement trop grande pour que les musiciens puissent parfaitement se synchroniser, provocant des décalages gênants dans l’« Agnus Dei » notamment. Elève d’Eliane Lavail, le ténor Stanislas de Barbeyrac poursuit une brillante carrière sur les scènes d’opéras : il a magnifiquement chanté les solos du « Sanctus », et a été vivement applaudi.

Samedi soir, patinoire de Bordeaux

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