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Auditorium de Bordeaux : c’est ouvert !

REPORTAGE – Les mélomanes bordelais ont partagé hier jeudi 24 janvier le mot de leur maire : « enfin ! ». Alain Juppé a pris la parole quelques minutes avant que ne commence le premier concert dans l’auditorium fraichement achevé et… attendu depuis dix ans ! Et on pourrait aussi ajouter un mot d’enthousiasme car le lieu est beau, confortable, cosy, « féminin » dirait l’architecte Michel Pétuaud-Létang qui a décidé du fushia des fauteuils, « bordelais » résume le pas peu fier Alain Juppé.

L’acoustique du jovial et passionnant Eckhard Kahle est précise, on a pu s’en rendre compte hier, mais pas sèche comme peut l’être une Salle Pleyel. On entend tout – les programmes qui tombent et les toux des spectateurs – mais sans que ce soit dramatique. On peut suivre une ligne mélodique à la trace, tout en gardant une vision large de la masse sonore qui remplit toute la salle. Les traits des musiciens – le Stradivarius de Matthieu Arama ou le piccolo de Coline Allié dans « Jeux » de Claude Debussy – ressortent encore plus distinctement. Les bois et les cuivres étouffent parfois les voix du choeur de l’Opéra de Bordeaux dans la version intégrale de « Daphnis et Chloé » de Ravel. L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine a souffert de jouer dans un lieu inapproprié – le Palais des sports – et l’écoute est forcément à retravailler, les équilibres aussi, la précision (certains départs étaient décalés lors du concert). Avec un bon outil comme l’auditorium, il ne peut pas y avoir de mauvais ouvrier…
Les amateurs de musique contemporaine ont également crié – intérieurement – un « ouf » de soulagement. On va enfin pouvoir entendre des grandes pièces composées après 1950 ! L’écoute de « Tout un monde lointain », le concerto pour violoncelle composé par Henri Dutilleux de 1967 à 1970, l’a confirmé. Avec une acoustique si précise, on peut enfin jouer des pièces atonales et en apprécier la beauté.
En plein coeur de ville, cet auditorium remet la musique classique au centre de la vie culturelle de Bordeaux. Tant mieux. Il y a à faire pour amener de nouveaux publics (on attend avec impatience les « afters » de l’auditorium) et des programmes excitants. Le futur, c’est maintenant !
Le grand public est invité aux animations et concerts de la journée « portes ouvertes » du 2 février.  

2 Comments

  • Oui cette salle tant attendue, ce « nouvel Auditorium » va transformer et amplifier la part de musique quotidienne pour les Bordelais et tous les amateurs de musiqueS venus souvent d’assez loin pour gouter aux charmes du Grand Théâtre…
    Jeudi, vous entendrez dans ce « haut lieu de la musique » le nouveau Steinway de concert que Gérard Fauvin, du Domaine Musical de Pétignac, apportera dès lundi.
    Les « chamayou », « Louganski » ou « Lang Lang » auront sans doute à coeur de faire sonner et résonner dans toute son échelle harmonique les approches d’absolu que ce piano permet.

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  • Alors cher Gérard on crâne avec son nouveau Steinway !! Je ne peux écouter samedi Chamayou (je suis de Folles Journées) mais j’écouterai probablement des répétitions avant de partir. Par contre Lugansky oui et avec les oreilles et le coeur bien ouvert. En espérant trouver un joli surnom au petit frère de la panthère noire ! Merci pour ce commentaire.

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