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David Violi, le piano confident

PORTRAIT – Le jeune pianiste revient au festival Piano en Saintonge. Il a fait du chemin depuis 2008.

Il a plus de trente ans et cela fait de lui un vétéran! Le pianiste David Violi clôt samedi le festival Piano en Saintonge à l’Abbaye aux Dames. Comme son collègue François Dumont qui assure l’ouverture, il est déjà venu à Saintes en 2008. 
Sa carte de visite de l’époque ? La confiance que lui accordent deux grands maîtres du piano : Aldo Ciccolini et Anne Queffélec, la conseillère artistique de la manifestation. Du premier, il a retenu une écoute très particulière : « Quand on joue devant lui, on est obligé d’être sincère à cent pour cent. Le beau son n’a pas d’intérêt. Le voir sur scène est une autre leçon d’humilité car il offre chaque note sans être retenu par son égo ». David Violi a patienté un peu avant d’affronter la master-classe d’Anne Queffélec. « Elle a une telle obligeance, une élégance, un raffinement… c’était bien d’attendre ! ».

Après sa venue à Piano en Saintonge et fort de quelques prix toujours bienvenus (dont le Concours Sakaï au Japon), David est repéré par la Fondation Bru Zane, qui fait renaître la musique romantique française du XIXe siècle. Le voilà recréant en 2012 à Lille le deuxième Concerto de Marie Jaëll (1846-1925), une Française proche de Liszt. Il le défend avec une telle ferveur qu’un enregistrement est programmé. « J’aime cette sensation de liberté d’avoir une partition sans référence, quand les gens n’ont aucune idée de ce qu’ils vont entendre », s’amuse le jovial David Violi. 
Voilà qui surprendra les mélomanes du festival pour lequel il a choisi un programme très classique : les « Kreisleriana » de Robert Schumann. « Je vis avec ces pièces depuis que je suis adolescent, elles me touchent profondément. Ce cycle représente pour moi la musique de la confidence. Je ne cherche pas la virtuosité, la pyrotechnie, mais la vocalité au piano ». On imagine facilement David Violi en chanteur, un baryton assurément, un ami, un confident. D’ailleurs le pianiste aime énormément la musique de chambre et joue régulièrement avec le quatuor Giardini. Peut-être reviendra-t-il avec eux, un jour à Saintes… en juillet pour le festival qui sait ?


Piano en Saintonge, vendredi 22 et samedi 23 mars à 20 h 30, Abbaye aux Dames. 16 et 18 €, la soirée, 24 et 26 les deux. 05 46 97 48 48.
Photo © Bernard Martinez

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