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Indignez-vous… en chantant

CONCERT – Un concert réunit quatre musiciens d’univers différents pour célébrer les chants de la liberté. Après le Festival de Chambord et l’abbaye de Noirlac, »Resistencia » est donné à Gradignan (33). Présentation.
Entre l’Albi du XIIIe siècle et la place Tahrir en 2011, un point commun : les chants de lutte. Tel est le fil conducteur du voyage musical auquel nous invite le Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33). « Tout est venu d’une rencontre avec le ténor Bruno Bonhoure, raconte Antoine Guerber, chef de Diabolus in Musica, ensemble spécialisé dans la musique médiévale. Je voulais entendre sa voix dans les airs des troubadours. Il a suggéré ce thème des chansons de résistance et a demandé de ne pas se limiter ni dans le temps, ni dans l’espace. » 
Bruno Bonhoure, avec son ensemble La Camera delle Lacrime, s’est en effet fait une spécialité des chansons populaires de tous les siècles. Il a fait venir dans l’aventure Kamilya Jubran, chanteuse et joueuse de oud d’origine palestinienne. Le voyage commence avec la résistance occitane des troubadours cathares au XIIe et XIIIe siècle. La chanson de prison de Richard Coeur de Lion fait écho aux mélodies chantées par Mercedes Sosa dans l’Argentine de la dictature des années 1970. Entre temps, les indépendantistes arabes du début du siècle, luttant pour la fin de l’occupation coloniale en Syrie, au Liban, en Palestine et en Egypte, inventent des mélodies si fortes qu’elle sont encore chantées, tout récemment lors du Printemps arabe. Ou encore le « Bella Ciao » des paysans italiens dont l’histoire reste mystérieuse. 
Comment ces traditions musicales, ces styles d’interprétation pouvaient-ils se marier ? « J’étais très intrigué, se souvient Antoine Guerber, mais dès la première heure de répétition, nous avons trouvé un langage commun : car nos instruments – le oud, ma harpe médiévale et la guitare baroque – sont toutes à cordes pincées. C’était passionnant. » Et le besoin de résister, de s’indigner, est sans nul doute un sentiment universel.
Mardi 26 mars, 20 h 45, Théâtre des Quatre-Saisons. 8, 18 et 24 €. 05 56 89 98 23.
Légende photo : Bruno Bonhoure, chant – Antoine Guerber, harpe romane – Ronaldo Lopes, guitare baroque et théorbe – Kamilya Jubran, chant, oud – Khaï-dong Luong, mise en scène, création visuelle.
Article paru dans Sud Ouest

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