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Concours de Bordeaux : Schumann gagne grâce à Mozart !

Schumann Quartett
COMPTE-RENDU – Le Quatuor Schumann remporte l’édition 2013 du Concours international de quatuors à cordes de Bordeaux. 
Les quatuors dits « Prussiens » de Mozart auront fait la différence. Jusqu’à ce samedi 11 mai après-midi, les quatuors Schumann et Ellipse tenaient la corde pour remporter le 7e Concours international de quatuors à cordes de Bordeaux. Le Premier Grand prix est finalement allé au Schumann Quartett, composé de quatre musiciens venus d’Allemagne dont trois portent le doux nom de Schumann : Erik, Ken (violons) et Mark (violoncelle) sont trois frères rejoints par Liisa Randalu, à l’alto. 
Plus tôt dans la compétition, ils avaient donné un superbe quatuor de Verdi – lyrique comme il se doit – avec de belles sonorités sensuelles et un excellent quatuor n°2 de Charles Ives, plein d’humour et de piquant. Samedi, leur interprétation du K.575 de Mozart, qui respectait l’esprit de Wolfgang et des Lumières, a eu raison des Français du Quatuor Ellipse qui n’ont pas convaincu avec le quatuor K.589 interprété avec dextérité mais avec une lecture trop influencée par la musique du XIXe siècle. Peut-être est-ce dû au fait que le Quatuor Ellipse est composé d’instrumentistes de l’Orchestre National de France, habitué aux grands chefs-d’oeuvre romantiques et contemporains plus qu’aux partitions de style classique voire baroque. 
Mais la compétition a été très rude car les Ellipse, qui se sont constitués il y a à peine un an (quel aboutissement si peu de temps !), ont des qualités évidentes : belles sonorités, intelligence dans l’interprétation, cohésion et rigueur. Avec de tels atouts, rien d’étonnant qu’ils aient donné la meilleure version – pour le jury comme pour l’auteur de ce blog – du quatuor opus 16 d’Albéric Magnard, ce qui leur vaut de remporter le prix du Palazzetto BruZane. De cette partition, le Schumann Quartett a donné une version vibrante mais par trop… schumannienne !
Le quatuor Ellipse
Écrite au même moment que le quatuor de Ravel (1902), la partition d’Albéric Magnard était en effet un beau piège pour ces jeunes concurrents. Moderne dans ses pizzicati et ses accords, classique dans ses rythmes et ses phrasés. XIXe ou XXe ? Pas facile quand on vient des Etats-Unis (Tesla Quartet) ou des Pays-Bas (Dudok) de comprendre les subtilités esthétiques de la musique française au tournant du XXe siècle… 
À en juger par certains critères objectifs – le temps de délibération assez court (30 minutes) des jurés, les hourras des nombreux mélomanes restés pour attendre le palmarès, et les commentaires des auditeurs avertis et autres journalistes spécialisés – on peut conclure que ce 7e Concours se finit sur une note consensuelle. Pour ma part, je n’aurais pas voté autrement que le jury !

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