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Compte-rendu : au Cap-Ferret Music Festival, Hildegarde Fresnau met lefeu

COMPTE-RENDU – Sans artifice. On parle parfois d’un jeu pyrotechnique pour qualifier la puissance d’un pianiste, sa virtuosité, son tempérament de feu. Au Cap-Ferret Music Festival, il fallait moins le chercher lors du « pyroconcert » (musique et feux d’artifices) que chez la jeune violoniste Hildegarde Fresneau, qui remplaçait Matthieu Arama, souffrant. Les auditeurs venus pour le Stradivarius régional n’ont pas perdu au change : le violon d’Hildegarde, signé d’un fameux luthier, Andrea Frandsen (installée à Nantes), possède un son brillant et large. Preuve que les violons d’exception ne sont pas forcément tricentenaires ! Hildegarde, à seulement 17 ans, poursuit avec soin sa quête de sonorités profondes tant dans la sonate n°3 de Brahms que dans une très belle pièce pour violon seul de Krystof Maratka (né en 1972). Son caractère décidé s’accorde avec la générosité du pianiste Aurelien Pontier, un compagnon de choix.
Même en accompagnateur, François-René Duchâble garde son tempérament et sa verve pianistique. Il partageait l’affiche avec l’excellente Sophie Marin-Degor qui a fait passer les spectateurs du rire aux larmes tant son expressivité égale ses qualités vocales. « Die Nacht » de Strauss, mélodies de Poulenc ou d’opérette, elle réussit tout, en toute simplicité. Est-ce la présence pétillante de cette diva – au beau sens du terme – qui a transcendé le pianiste ? Son impromptu Op. 90 n*4 est envoutant comme ses « Reflets dans l’eau » de Debussy.

Après les beaux duos de samedi, la semaine s’est ouverte avec des trios. Le premier – classique – réunissait le pianiste Daniel Del Pino et deux amis, le violoniste Nai-Yuan Hu et le violoncelliste Mikayel Hakhnazaryan. Le second venait du jazz : le Time Out Trio emmené par la saxophoniste Géraldine Laurent, avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Laurent Bataille (le frère de Pascal) à la batterie. Les premiers ne se sont réunis que pour la semaine, un temps sûrement trop court pour trouver un esprit commun dans le Trio de Haydn, et le souffle idéal du Trio de Mendelssohn. Les trois jazzmen travaillent ensemble depuis sept ans. Cette longévité, rare pour un ensemble de jazz, porte ses fruits : fluidité des changements de rythme, connivences mélodiques et cohérence dans les intentions. Le public a exprimé son émotion à l’écoute de la sonorité ronde et subtile du saxophone alto de Géraldine Laurent. D’un tube – Summertime – elle a donné une version délicate, originale et techniquement très virtuose. Ses deux comparses étaient tout aussi inspirés dans les pièces de Eric Dophy.

Les 6, 7, 8 et 9 juillet 2013 au Cap-Ferret (33).
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