Rosemary Standley : « Le classique me fascine » Concert Moriarty, Rock’n Poche 2008 Full view

Rosemary Standley : « Le classique me fascine »

FESTIVAL – Après les Francofolies hier, la chanteuse du groupe folk Moriarty se pose au Festival de Saintes avec un programme mêlant Monteverdi et Tom Waits. Rencontre.
Faire un saut du côté du classique, pourquoi ?
R. S. Ce programme est un entre-deux. Dom la Nena est une violoncelliste classique et j’ai, même si je viens du folk, un rapport particulier avec cette musique car j’ai fait du chant lyrique jusqu’à très récemment. J’ai chanté du bel canto, des Arie antiche, des airs d’opéra et même des Lieder. Mais on n’est pas sélectif quand on étudie. Personnellement, mon cœur va plutôt vers Schubert et Brahms ! Le spectacle emprunte son titre à une chanson de Leonard Cohen, « Bird on the wire ». Notre songbook passe par « O Solitude » de Purcell, « Le Chant des oiseaux » de Pablo Casals, « Lamento della Ninfa » de Monterverdi. Je voulais prendre cette matière richissime et la transformer, me la réapproprier.
Vous êtes accompagnée uniquement d’un violoncelle, pourquoi ?
R. S. La réduction de la partition d’orchestre, la nudité du violoncelle comme de la voix font ressortir les chansons, les mélodies. Ce concert est une promenade dans différents styles, différentes langues. Le violoncelle est une deuxième voix et Dom chante aussi, c’est un duo voire un trio de voix ! L’idée est de mettre au même niveau toutes ces mélodies. Ces chansons sont tout simplement bien écrites. Ce sont les mélodies qui m’émeuvent, quel que soit le genre. Je pense juste à les épurer, les mettre à nu, les rendre accessibles.
Vous trouvez le classique inaccessible ?
R. S. Nombre de mes amis sont bloqués par les voix d’opéra, les voix travaillées, qu’ils jugent ampoulées. Je ne les comprends pas : je suis fascinée par ces voix-là ! D’autant plus que les chanteurs lyriques mettent toute leur vie au service de leur voix, c’est très émouvant.
Techniquement, comment avez-vous travaillé votre voix ?
Sur ce spectacle, on a descendu les tonalités. Même quand je chante avec Moriarty, je garde toujours les techniques du classique : la respiration, ou le fait ne pas prendre le son par en-dessous. Elles sont très utiles pour faire des nuances, dans la gestion du souffle et la conduite de la phrase. De ce fait, ce n’est pas évident de savoir quelle est ma voix naturelle : en lyrique je suis plutôt soprano, avec Moriarty je prend une voix grave.
A l’avenir, pensez-vous renouveler ce genre d’expériences ?
Je me sens à un tournant. Je veux continuer à monter des spectacles comme « Birds on a wire », même si les deux univers exigent une énergie différente. Avec Moriarty, nous chantons nos propres compositions et j’ai de plus en plus envie de faire des projets de reprise, de me concentrer sur l’interprétation. Je serai en septembre à Paris dans un spectacle mis en scène par Juliette Deschamps autour de Kurt Weill, Nina Simone et Cole Porter. Et je suis en train d’enregistrer un disque chez Alpha, un mélange de baroque et de folk anglaise. Il devrait sortir à l’automne 2014.
Ce soir, 22 h, Gallia. 8 à 19 €. 05 46 97 48 48. Théâtre.

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