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Natalie Dessay au clair de lune

FESTIVAL – La soprano a donné un récital de mélodies françaises à l’Abbaye de Fondouce… avant de quitter la scène lyrique.
Natalie Dessay l’a maintes fois annoncé : elle arrête l’opéra pour se consacrer au théâtre et peut-être même au cinéma. Après « Manon » qu’elle chantera au Capitole de Toulouse à la rentrée, plus aucune production lyrique n’est inscrite dans son agenda. Les mélomanes charentais ont donc eu la chance de voir peut-être les derniers concerts de la plus célèbre des sopranos françaises : la semaine dernière, au « Violon sur le sable », et le 26 juillet pour le concert des vingt ans du festival de Fontdouce.
Pour celle qui est habituée aux opéras du monde entier, donner un récital dans le jardin de l’Abbaye est un exercice peu ordinaire : « C’est presque un autre métier, nous a confié la soprano. Nous ne sommes que deux sur scène et la proximité avec le public rend le récital plus intimiste et subtil. Il ne s’agit pas de jouer mais de dire un poème. Je ne vais pas faire des entrées comme dans un opéra. Tout est dans la voix et le regard. C’est plus contenu… voilà ce qui est difficile ».
Trois Clair de lune
Pour affronter cette délicieuse difficulté, Natalie Dessay s’associe à un pianiste en qui elle a totalement confiance : Philippe Cassard. Le directeur de la programmation « classique » du festival a choisi un répertoire qui lui est cher : « un programme de mélodies françaises de Duparc, Debussy, Fauré, et même Chausson et Chabrier, a annoncé le pianiste. Nous aurons trois « Clair de lune » : les deux signés par Claude Debussy, la mélodie et la pièce pour piano seul, ainsi que la mélodie de Gabriel Fauré composée sur le même poème. »
Pour préparer le concert, les deux musiciens français se sont retrouvés… aux Etats-Unis. L’un et l’autre très sollicités, ils ont a dû renoncer à la mélodie écrite par Rodolphe Bruneau-Boulmier, faute de temps pour la travailler. Le jeune compositeur a également écrit une pièce pour piano – sa spécialité – qui sera créée par Geoffroy Couteau, le 5 août à Fontdouce.
L’opéra ayant rapidement accaparé Natalie, elle a finalement peu chanté de mélodies, un comble pour cette amoureuse du texte. « Nous avons travaillé au plus près des mots, explique Philippe Cassard, variant l’intensité et la couleur de la voix en fonction du texte, du lien entre la musique et les poèmes. Faire de la musique de chambre veut dire s’écouter, respirer ensemble, faire en sorte que le piano et la voix soient sur la même longueur d’onde ».
26 juillet 2013, 19 h, Abbaye de Fontdouce, St-Bris-des-bois.45 €. 05 46 74 77 08. Complet.
Baptiste Trotignon en première partie !
Le pianiste de jazz assure le premier concert de cette soirée anniversaire qui mêle jazz et classique, à l’image de la programmation du festival de Fontdouce. « Quand je joue dans ce genre de festivals, explique Baptiste Trotignon, j’aime d’intégrer quelques pièces classiques que je vais arranger – déranger même! – à ma sauce, irrévérencieusement mais amoureusement ». Les mélomanes devront donc être très attentifs et reconnaître quelques valses de Chopin dans le récital de Baptiste Trotignon. Cet univers classique n’est pas étranger au jazzman français : il a composé un très sérieux Concerto pour piano et orchestre, « Different Spaces » créé en novembre 2012 par l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Outre ses clins d’oeil à Chopin, Baptiste Trotignon jouera des standards de jazz, quelques unes de ses compositions et « quelques morceaux tous frais que j’essaye en public, sur scène, explique-t-il. Ce genre de « work in progress » (« travail en cours », ndlr) est au cœur de l’authenticité des musiciens de jazz, qui font la musique de manière artisanale, au bon sens du terme. »
Ce soir, 19 h, Abbaye de Fondouce, St-Bris-des-bois.45 €. 05 46 74 77 08. Complet.

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