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Paul Daniel, the gentleman

CONCERT – Premières impressions sur le nouveau directeur de l’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine.
Prudemment, il n’a pas commencé par l’Auditorium. Paul Daniel, le nouveau directeur musical de l’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, dirige cette semaine ses premiers concerts. Jeudi, la phalange girondine ouvrait le festival Musique en Côte basque avec un concert dans l’église de Saint-Jean-de-Luz avec en soliste, la soprano américaine Heidi Melton qui possède l’une des plus belles voix wagnériennes – comprenez puissantes et endurantes – du paysage lyrique actuel. Samedi soir, tout ce beau monde sera à l’Olympia d’Arcachon.
Les auditeurs de Saint-Jean-de-Luz ont été les témoins d’un moment privilégié : celui du premier concert d’un orchestre et de son nouveau chef. Même si l’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine et le Britannique Paul Daniel ont déjà joué ensemble et s’ils ont répété pendant une semaine, tout s’est cristallisé lors du concert public. Ce premier rendez-vous peut se conclure par l’expression Love at first sight – «l’amour au premier coup d’œil» – tant les musiciens se sont sentis écoutés et libres de s’exprimer: des cuivres épanouis ont brillé dans la nef dorée de l’église de Saint-Jean de Luz, les vents et les cordes ont empli son immense volume… quelquefois un peu trop grand pour obtenir une cohésion des différents groupes. Dont acte ! Ils auront – on leur souhaite – le temps de travailler cela. De même, il faudra attendre pour dire si Paul Daniel est capable de donner du souffle aux prestations des bordelais, de transcender un groupe qui a de beaux atouts dans son jeu.
A l’affiche de cette série de concerts : Verdi et Wagner, dont on fête le double anniversaire. L’aîné, Wagner, est né le 22 mai 1813, Verdi, le 10 octobre. Outre leur âge, ils ont en commun d’avoir transcendé l’opéra et poussé l’art lyrique à ses sommets, sans compter qu’ils sont tous deux des compositeurs prolixes. Ce programme, choisi par le nouveau directeur artistique du festival, Patrice Armengau, était à la fois ambitieux et populaire. Le public s’est régalé des succès de Verdi : les trompettes d’Aïda et le choeur des esclaves, même si la prestation du Choral Andra Mari de Renterie était inégale. Et les festivaliers ont eu la chance d’entendre de grandes pages de Wagner, plus rares en concert. 
Paul Daniel est un habitué de l’opéra : il a donné à la soprano Heidi Melton des tempos confortables et l’attention d’un gentleman. La soprano américaine confirme sa réputation d’immense interprète, sensible et engagée. Energique dans les héroïnes de Verdi (en Aïda, Léonora ou Amélia), elle a brillé dans l’Isolde de Wagner par la profondeur de son jeu, la beauté de timbre et la précision de ses intentions, malgré un orchestre parfois imposant.
Les Bordelais devront attendre début octobre pour découvrir Heidi Melton, l’ONBA et Paul Daniel dans un programme tout Wagner – on y retrouvera Isolde, Elisabeth mais aussi Brünnhilde. Mais Paul Daniel montera sur la scène de l’Auditorium avec « son » orchestre dès le 26 septembre.
Jeudi 5 septembre à Saint-Jean-de-Luz
Photo : F Demesure

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