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Festival d’automne : Kyle Shepherd garde le Cap

PORTRAIT – L’Afrique du Sud est à l’honneur du Festival d’automne à Paris qui met en avant le compositeur de jazz Kyle Shepherd.
Kyle Shepherd fait partie des ces artistes dont l’inspiration prend directement racine dans leur sol natal. Le jeune compositeur est né il y a 26 ans dans la ville du Cap, en Afrique du Sud. Il a puisé dans l’histoire de son pays les formes musicales avec lesquelles il compose un jazz profondément contemporain.
Kyle Shepherd est un musicien touche-à-tout : violon, saxophone, xaru (arc musical traditionnel sud-africain) et bien sûr piano, qu’il a appris avec Abdullah Ibrahim, alias Dollar Brand. Ce grand maître musical et spirituel, comme lui né au Cap, a jadis dû résister aux gouvernements de l’apartheid qui cherchaient à étouffer la créativité des coloureds. Abdullah Ibrahim a aidé Kyle Shepherd à trouver « sa » musique : « je ne me considère pas comme un musicien de jazz, affirme le jeune compositeur. C’est une étiquette qui est devenue de plus en plus étroite. Moi, je raconte l’histoire avec des sons. » Dans ses improvisations et compositions, Kyle tente de donner voix aux émotions et à l’énergie de cette ville et de ses habitants. Il cherche à composer avec le paysage sonore extrêmement riche de la nation « Arc-en-ciel », à commencer par les consonnes à clics, les claquements caractéristiques de la langue Khoi, que le jeune musicien a intégrés dès son premier album « South African History !X ».
Le 25 septembre aux Bouffes du Nord et le 27 à L’Onde, théâtre de Vélizy-Villacoublay, sera donnée « Xamissa », sa dernière composition, commande du Festival d’Automne à Paris. Xamissa : c’est ainsi que l’on nomme la région de Cape Town, le « lieu des eaux douces », dans la langue des Khoi et des San, premières ethnies à peupler l’Afrique du Sud. « Au Cap, une multitude de sons spécifiques nous entourent. Ce sont les sonorités des klopse du Carnaval, le tambour ghoema, les Malay choirs, les chorales et les musiques d’église, les chants des mosquées… Autant de cultures qui coexistent et nourrissent ma démarche de musicien ».
Article paru sur le site de Mécénat Musical Société Générale, mécène du festival d’Automne.
Photo © Vincent Pontet

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