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Compte-rendu : « Paulus » révèle un superbe François Rougier

COMPTE-RENDU – Il faut y croire. « Paulus » de Mendelssohn mérite bien son titre d’oratorio : un sujet sacré – la conversion de Saint-Paul – sur une partition lyrique très proche d’un opéra, même si « Paulus » est donnée sans mise en scène. La chef Eliane Lavail a très bien compris l’enjeu théâtral de cette œuvre. L’histoire captivante d’un persécuteur touché par la foi nécessite un engagement profond de la part des solistes, du choeur comme des instrumentistes. L’Orchestre d’Aquitaine-Hauts de Garonne a traversé avec enthousiasme, compétence et sans pesanteur ces pages exigeantes, mariant structure baroque (canon et fugue) et développement symphonique moderne (solo romantique de violoncelle, triolets des vents, etc). Le choeur fut moins facile à manier : quelle gageure que d’obtenir des 250 choristes de l’Ensemble vocal d’Aquitaine et du choeur Polifonia cohérence, précision et intention ! S’il manque l’agressivité nécessaire au moment où le peuple lance un terrible « Steiniget ihn ! » (« lapidez-le »), les passages solennels des chorals sont réussis. 
L’influence de J.S. Bach est incontournable dans « Paulus » et requiert une attention particulière au texte allemand, comme dans les Cantates du Cantor. Les quatre solistes ont très bien appris les leçons d’un Philippe Herreweghe : le texte et la foi, car croyant ou pas, lorsque l’on chante, il faut y croire. Si la soprano Marion Raiffé est restée en retrait nous privant de la puissance de sa voix, Françoise Mondet-Martinaud, Bernard Causse et François Rougier (Photo) étaient brillamment engagés et précis. L’accord entre les voix du baryton et du ténor a donné des duos d’une grande beauté. On suivra de près le ténor François Rougier dont la Cavatine « Sois fidèle jusque dans la mort » fut un délice. Il excelle aussi bien dans Offenbach et vient le prouver à Arcachon le 12 pour « Croquefer » de la Compagnie Les Brigands, un bonbon musical. A bon entendeur…
Lundi soir, cathédrale de Bordeaux

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