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Léo Warynski, le choix de ne pas en faire

PORTRAIT – Jeune chef d’orchestre et chef de choeur de l’ensemble vocal Les Métaboles, Léo Warynski entend mener les deux carrières de front. Présentation. 

Combien sont les enfants qui auront réalisé ce rêve ? Pompier, gendarme… ou chef d’orchestre ! « J’ai retrouvé récemment une vieille vidéo de moi, s’amuse Léo Warynski. On y voit un petit concert d’enfants de cinq ou six ans, des amis. C’est moi qui dirige : j’ai huit ans ! » A cet âge-là déjà, Léo chante au sein de la maîtrise de Colmar après avoir été bercé par des séances d’éveil musical. Il a étudié le violoncelle, joué de la contrebasse dans des orchestres, suivi l’enseignement de Arlette Steyer, soliste pendant dix ans aux Arts Florissants.
Les études au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris n’auront en rien ébranlé la conviction de Léo Warynski : entre musique chorale et musique symphonique, il ne veut pas choisir, et refuse cette « éducation à deux vitesses, qui considère le métier de chef de choeur inférieur à celui de chef d’orchestre ». En 2010, tout en posant les jalons d’une brillante carrière de chef d’orchestre, dirigeant Wagner comme la musique contemporaine, il a fondé l’ensemble vocal Les Métaboles. Dans un répertoire choral qui dispose de « mille ans de musique », Leo Warynski ne veut là encore pas choisir ! « Pour monter le répertoire qui m’intéressait, largement a cappella, avec des programmes où se croisent Jean-Sébastien Bach et Philippe Hersant, je n’avais pas d’autre choix que de créer mon ensemble. Je cherche un son riche, homogène, dense, et des voix chaleureuses et brillantes ».
Un chef d’orchestre plein d’énergie créant un ensemble qui ne veut se cantonner à aucun répertoire… ça ne vous rappelle personne ? « J’ai suivi la classe de direction de François-Xavier Roth au Conservatoire National de Musique et de danse de Paris, confirme Leo Warynski. Il m’a transmis cet esprit de liberté. » Le fondateur de l’orchestre Les Siècles se souvient : « Dans ma classe, Léo était un jeune homme timide, cultivé et ayant déjà des goûts musicaux diversifiés. Aujourd’hui, je le voix acquérir une grande personnalité musicale et je m’en réjouis. Léo a gardé sa gentillesse, son humanité – ce qui n’est pas si courant dans nos métiers! – et surtout sa grande ferveur pour la création. » « François-Xavier Roth m’a fait confiance en me choisissant comme assistant, confirme le jeune chef, et en me laissant participer à l’élaboration des programmes. A 25 ans j’ai fait mes premiers pas de chef en dirigeant les répétitions des Siècles, j’ai participé à La Folle Journée de Nantes et à « Playing for Salle Pleyel » en encadrant des salariés de la Société Générale.
Identifiés derrière le visage de leur chef, Les Métaboles se construisent peu à peu : quelques quinze concerts par an, le recrutement d’une administratrice, un grand mécène – « plus qu’un soutien financier, une force d’encouragement », dit-il – et un premier disque en décembre 2013. Quelle sera la vie de Léo Warynski dans dix ans ? « J’espère que Les Métaboles existeront toujours et que je serai toujours libre de mes choix comme chef de choeur et chef d’orchestre. »

Photo © Olivier Roux
Article paru sur le site de Mécénat Musical Société Générale

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