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Un autre « Clair de lune » : Beethoven sur un Érard de 1802

CD – « J’espère que vous traiterez notre instrument avec le même soin et le même respect qu’un original. Notre fac-similé est unique… », écrit Christopher Clarke. Le facteur de pianos a signé la réplique du Érard de 1802 qui est à l’honneur du remarquable disque Beethoven du pianiste Alexei Lubimov (Alpha). Des centaines d’heures – et le soutien de la Fondation Hermès – ont été nécessaires à la réalisation de cette copie. L’original, issu de la collection du Musée, est hors d’usage…
Ce piano et ce pianiste nous proposent une écoute renouvelée de trois chefs-d’oeuvre de Beethoven : les sonates « Clair de lune », « Waldstein » et « La Tempête ». Il n’est pas certain qu’Alexei Lubimov ait suivi à la lettre l’avertissement de Christopher Clarke ! Il embrasse avec fougue ces trois sonates et affronte sans précaution les tremblements beethovéniens. Le pianiste connait bien son affaire. Il s’est confronté, à de nombreuses occasions, à ce jeu si particulier sur instruments d’époque, à cette limitation de tempo (et encore, on en doute à l’écouter). Difficile d’identifier la personnalité du pianiste tant nos oreilles sont surprises à l’écoute de ces sonorités métalliques, forcément moins rondes qu’un piano moderne. Quoi qu’il en soit, quel plaisir d’entendre d’autres versions que celles largement répandues sur Steinway et autres marques internationalement et uniformément utilisées !

Érard-Beethoven : le rapprochement n’est évidemment pas fortuit. Ludwig V. Beethoven avait pu gouter au plaisir du piano-forte de Monsieur Érard chez son confrère et ami Joseph Haydn, à Vienne. C’est chez Haydn qu’il fait livrer en 1803 le piano français n°133 pour lequel « Mr Bethowen (sic) claveciniste à Vienne » doit 1500 livres. Celui que le livre de vente d’Érard ne sait pas orthographier aura le temps de devenir célèbre et… de ne pas payer sa dette ! Plus tard, la maison de pianos français dira avoir offert l’instrument à Beethoven ! L’intérêt de celui-ci n’a pas duré longtemps car Ludwig tapa comme un sourd (oh pardon) sur son piano et décida en 1810 qu’il s’était trop dégradé pour continuer à le jouer. D’aucuns disent que le compositeur, insatisfait par le piano français, demanda à son ami le facteur Stein de le bricoler à plusieurs reprises. Peut-on alors affirmer que c’est sur ce modèle – conservé en Autriche – que fut composée la sonate op.21 dite Waldstein? Ce n’est pas ici que les batailles de puristes seront tranchées.

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