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Guillaume Vincent : son premier Concerto

INTERVIEW – Star montante du piano, Guillaume Vincent joue à l’auditorium avec l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine. Et la semaine prochaine pour l’Esprit du piano.
Haydn ce soir, musique romantique la semaine prochaine. Comment gérez-vous ces sauts stylistiques ?
G.V. Je me concentre sur un seul programme à la fois. Depuis une semaine je ne fais que travailler le Concerto pour piano n°11 en ré majeur de Joseph Haydn, une œuvre que j’ai déjà travaillée… lorsque j’avais dix ans. En fait, c’est le premier concerto que j’ai joué dans ma vie, celui qui m’a donné envie de continuer, d’être pianiste plus tard. L’expérience de l’orchestre – celui du Centre de Pratique Musicale d’Annecy, ma ville natale – a été très impressionnante. Ma partition comportait la partie pour piano et une réduction de la partie orchestrale, j’ai appris les deux et je doublais l’orchestre tout le temps ! Ma professeur est venue me dire que je ne devais pas le faire (rires). Je dois redoubler d’attention pour le concert à Bordeaux : on peut vite se tromper. J’ai gardé la même partition, pleine d’annotations comme « lâcher ici car l’orchestre va rentrer » ! C’est d’autant plus drôle qu’aujourd’hui je ne note plus du tout mes partitions.

Votre ressenti est-il différent qu’à l’âge de vos dix ans ?
G.V.: Quand je réécoute l’enregistrement de ce concert je me dis que c’était plus facile à l’époque de jouer Haydn ou Mozart car j’avais de petites mains. Par rapport au jeu puissant de la musique romantique, une rééducation de la main est presque nécessaire. Sinon j’ai le sentiment d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine ! En réalité, il s’agit plus d’un état d’esprit. Je me répète « Vincent, c’est du Haydn, pas du Chopin ».
Vous revenez mi-novembre à Bordeaux avec Rachmaninov et Alkan, des compositeurs favoris ?
G.V.: Quand j’ai enregistré les préludes de Rachmaninov en 2012 (son premier enregistrement, un double CD Naïve, ndlr), je ne connaissais pas cette partition, à peine quelques extraits. J’ai fait ce choix car les intégrales de ses Préludes sont plutôt rares. Et je n’ai découvert Charles-Valentin Alkan (1813-1888) que cette année, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. Son œuvre la plus connue est cette « Grande sonate – les quatre âges » que je vais interpréter à Bordeaux. C’est une longue pièce de plus en plus lente qui évoque plusieurs périodes de la vie : 20 ans, 30 ans, 40 ans et 50 ans. Son esprit est proche de celui de Liszt, choral et religieux. J’ai hâte de voir la réaction du public.
Ce soir, 20 h, auditorium. 8 à 35 €. 05 56 00 85 95. Festival L’esprit du piano : dimanche 17 novembre, 15h. 8 €. 05 56 00 85 95.
Article paru dans Sud Ouest du 7 novembre. 

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