Shani Diluka, la fée dragée

COMPTE-RENDU – Dans une robe blanche scintillante Shani Diluka arrive sur la scène de l’auditorium telle une fée dragée, les cheveux chocolat et la peau caramel. La piano qu’elle offre est aussi sucré et délicieux, et son récital une succession de douceurs qu’on déguste une par une. Pas d’oeuvre massive dans la première partie de la soirée mais une succession de petites pièces, les « Papillons » de Schumann puis les « Pièces Lyriques » de Grieg. La pianiste est chez elle dans l’un comme dans l’autre. Romantique jusqu’au bout des doigts, elle donne à Schumann une rêverie qui préfigure Chopin, et montre un toucher d’une subtile légèreté, qualité qui sera le fil conducteur de toute la soirée, jusque dans ses bis : le « Clair de lune » de la Suite bergamasque de Debussy et la « Valse posthume » en la mineur de Chopin. Comment cette fée venue des pays du soleil (le Sri Lanka puis Monaco) peut-elle aussi bien comprendre les contes nordiques composés par Edvard Grieg ? Ses « Trolls » sont précipités, un peu trop peut-être pour cette redoutable transcription pour piano seul de la Suite lyrique pour orchestre. Son « Notturno » et son « Ruisseau » sont frais et virevoltants comme un tourbillon de neige, sous l’effet de rubato élégants. La robe de cette fée clochette serait-elle faite de rubans ? Après ces petits contes, la grande Sonate D 960 paraît presque séquencée. Le Schubert de Shani Diluka aime la tendresse et la nostalgie et oublie un peu la tristesse pour des accents vivifiants presque beethovéniens ! La fée a des ailes.
Récital de piano, le 17 décembre à l’auditorium de Bordeaux.

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