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Philippe Hersant : « mon psaume 130 est fixé »

INTERVIEW – L’ensemble Sagittarius donne samedi 3 mai deux œuvres du compositeur français né en 1948. En 1995, Philippe Hersant a composé et dédié son « Psaume 130 » à l’ensemble dirigé par Michel Laplénie. Sagittarius le redonne, près de 20 ans plus tard, associé à des œuvres baroques de Schütz, Schein et Bach. 

Est-ce incongru de composer au XXe siècle une musique qui s’inspire du XVIIe siècle ?
P.H. : En 1995 c’était effectivement assez rare qu’un compositeur contemporain écrive pour un ensemble baroque. C’est plus fréquent aujourd’hui. En écrivant « Psaume 130 » je réalisais un rêve : celui de composer pour la viole de gambe. Depuis j’ai écris quatre pièce pour viole et chœur. Deux seront jouées à Bordeaux : le psaume et « Le chemin de Jérusalem » pour viole seule.
Le concert vous associe à Bach et Schutz…
C’est le répertoire favori de Michel Laplénie et celui autour duquel nous nous sommes retrouvés ! Henrich Schütz a plusieurs fois mis en musique ce psaume traduit par Martin Luther, « Aus tiefer Not ». Dans mon Psaume, j’ai fait des allusions à la musique baroque et même une citation du choral de J.S. Bach sur ce même texte Il ne s’agit pas de faire un pastiche mais cette référence à la musique du passé est essentielle dans mes œuvres. L’avant-garde ne m’allait pas du tout ! C’est la musique du passé qui me donne l’étincelle pour composer. Le tout début de la pièce est construit sur un accord qui est le même que chez Bach… mais ce ne fut pas conscient.
Peut-on dire que « Psaume 130 » est passé à la postérité ?
(rires) Oui car c’est une pièce qui n’a cessé d’être jouée et qui l’est encore régulièrement… en Pologne récemment. Elle a bénéficié de deux enregistrements (par le chœur Les Eléments et l’ensemble Sequenza 9.3, ndlr). J’en suis évidemment très heureux. J’ai réécouter l’enregistrement (non édité) de la création en 1995. Chose étonnante, je n’ai pas eu envie de changer des choses. Souvent, je ressens le besoin de rééditer une œuvre, de changer des petites choses, de faire varier un tempo. Le Psaume 130 ne connaît pas ce destin : la pièce est fixée.
Samedi 3 mai à 20 h, auditorium. 8 à 30 €. 05 56 00 85 95. Rencontre avec Philippe Hersant à 18 h au Goethe Institut
Photo © A.Yanez

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