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Stephan Maciejewski : je n’attends que du bonheur !

INTERVIEW – Quarante-trois éditions et toujours un programme alléchant et très bien pensé. Le festival de musique classique de Saintes débute ce soir. Revue des troupes avec Stephan Maciejewski, le directeur artistique.
Ce soir commence la 43e édition du festival… comment se renouveler ?
S.M. Par l’apport de nouveaux musiciens. Il y a suffisamment d’artistes de qualité qui émergent, comme le claveciniste Jean Rondeau (le 15 juillet à 13 h) : les festivaliers seront bouche bée devant son incroyable virtuosité. J’attends également beaucoup des concerts de la pianiste Beatrice Rana (le 17 à 22 h), ou du duo de Geneviève Laurenceau, violon, et David Bismuth, piano (le 15 à 11 h). Je passe beaucoup de temps à construire la programmation, à me questionner sur l’enchaînement des concerts. Quand je vois certains festivals, je me dis que certains programmateurs ne se cassent vraiment pas la tête : que des valeurs sûres, des programmes juxtaposés sans réflexion ! Je ne me lance pas de fleurs, c’est aux artistes qu’il faut en lancer : je n’attends que du bonheur de tous ces concerts car je sais qu’ils vont défendre tout cela passionnément. Je n’ai pas peur du récital de Céline Scheen, une sacrée musicienne (le 16 à 13h), d’un Hervé Niquet (le 17 à 17h) ou encore de l’étonnant programme d’orgue de Maud Gratton (le 14 à 11h à la Cathédrale).
Quelles sont les contraintes pour construire une programmation ?
Saintes est un festival où l’on peut faire beaucoup de choses mais où l’on n’innove pas forcément. Déjà, il faut tenir compte des contraintes techniques des salles – pas très grandes, non modulables. Et il faut répondre aux attentes d’un public modérément curieux. Un exemple ? J’ai programmé deux quatuors, les Zaïde (le 18 à 22 h) et les Hermès (le 13 à 22h). Ils font chacun une pièce de Beethoven et une de Haydn, mais l’un jouera Schubert et l’autre Janáček … devinez qui fait deux fois plus d’entrées ! Au final nous avons un niveau d’intérêt pour la musique qui est très haut. Il n’y a de place que pour les chefs-d’œuvre !… Et peut-être pas de place pour le franc divertissement… un peu tout de même avec le « Cabaret de Curiosités » de l’ensemble Ars Nova (le 19 à 11h) ou les airs d’opérette de Isabelle Druet (le 15 à 22h).
La création est-elle un levier de nouveauté ?
Forcément, même si je ne ferais pas de la création pour la création. Nous avons une création cette année, une œuvre du compositeur libanais Zad Moultaka. Je connais son travail et je sais qu’il écrit merveilleusement bien pour la voix. La pièce « Ubi es » est écrite pour l’ensemble De Caelis, en résidence à la Cité musicale (le 13 à 19 h30). Dans un autre genre, le spectacle de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton et du pianiste Bruno Fontaine sur Nina Simone constituera un monde à part (le 16 à 22h) ! Il n’est pas question de changer radicalement le répertoire du Festival de Saintes. Je ne suis pas un révolutionnaire. S’il doit changer, j’en laisse le soin à d’autres !
Les Cantates sans Philippe Herreweghe… un scandale ?!
C’est la bonne surprise de cette édition : ce changement de chef ne change rien en termes de fréquentation. Les concerts des Cantates de J.S. Bach dirigés par Lionel Meunier (le 11) comme par Damien Guillon (le 18) sont pleins. Les chanteurs que dirigera Damien Guillon sont des solistes déjà entendus à Saintes avec le Collegium Vocale Gent et Philippe Herreweghe. Quant aux Vox Luminis de Lionel Meunier… ca va être formidable ! Je suis très content car cela permet surtout d’entendre le Collegium Vocale Gent dans un autre répertoire : la musique chorale de Leoš Janáček (le 16 à 19 h 30). Cela arrive à point nommé. Ce sont ces petits changements qui font évoluer, lentement mais surement, le festival.
Du 11 au 19 juillet à Saintes et ses environs. 05 46 97 48 48. Tarifs : 8 à 55 €. www.festivaldesaintes.org

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