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Compte-rendu : La Bohème à l’opéra de Bordeaux

Nathalie Manfrino et Sébastien Guèze © GuillaumeBonnaud

COMPTE-RENDU : L’opéra de Bordeaux ouvre sa saison avec La Bohème dirigé par Paul Daniel.

Sur Scène
1897 (date de la création de La Bohème à Milan) ou 1967 (où le metteur en scène Laurent Laffargue transpose l’histoire), qu’importe ! La mansarde habitée par Rodolfo et ses amis est familière : il y fait froid, il y fait faim mais on s’y amuse quand même. Nahuel di Pierro, Riccardo Novaro et surtout David Bizic qui incarnent les trois colocataires se sortent drôlement bien des postures et chorégraphies parfois empesées qu’exige le metteur en scène. Quand on a froid, a-t-on vraiment envie de se rouler à terre ou de s’asseoir dans la neige ? Que gagne Musetta à faire un booty shake sur le bar ? Heureusement l’émotion gagne sur les lourdeurs grâce à des voix superbes : celles de Nathalie Manfrino et de Sébastien Guèze brillamment mises en valeur par un Orchestre et un chef Paul Daniel plein de délicatesse. En duo d’amour ou d’amitié, les voix se marient idéalement. Sébastien Guèze a la silhouette idéale pour incarner un jeune poète bousculé par la vie… d’autant que de ce corps élancé sort une belle voix puissante sans être lourde et une énergie de la jeunesse qui convainc tout à fait.

Dans la salle
Les soirées de première rassemblent un public hétéroclite : aux amoureux de l’art lyrique s’ajoutent les invités de la maison Opéra de Bordeaux qui ne sont pas forcément de grands connaisseurs d’opéra… et se demandent à l’entracte si l’histoire est finie. Les premiers, en chemise et en espadrille, viennent plus décontractés que les seconds, aux robes plus froufroutantes… mais tous se retrouvent dans le plaisir de la musique. A peine quelques phrases échangées que se succèdent les grands airs et l’orchestration envoutante de Puccini. Le public est sous le charme, ne se prive pas d’applaudir après chaque moment fort. Au deuxième acte, alors que la pauvreté des « bohémiens » a brisé leurs amours, les gorges se nouent et l’on toussote plus dans la salle chaude du Grand-Théâtre que la pauvre Mimi victime de la tuberculose !

La Bohème. Jusqu’au 7 octobre au Grand-Théâtre. 23 à 87 €. 05 56 00 85 95. Article parus Dans Sud Ouest du 28 septembre.

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