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Ivan Ilić nous élève l’esprit

CD – Les lecteurs de ce blog ont rencontré Ivan Ilić en avril 2012. Ce pianiste américain d’origine serbe avait choisi Bordeaux pour port d’attache et sortait un disque autour des Etudes de Chopin revisitées par Godowsky. Il nous avait déjà soufflés par sa belle technique, le voilà qui nous élève l’esprit avec un nouveau disque envoutant et profond, « The Transcendantalist ». 

La pochette, qui détourne un tableau de Dali, est déroutante. Le poète Ralph Waldo Emerson y remplace Lénine… Mystère, rêve, symbole : le programme d’Ivan Ilić s’inspire du transcendantalisme américain et noue des Préludes du mystique Scriabine avec la musique de John Cage et Morton Feldman, deux génies des années hippie. Son jeu élégant et concentré révèle la profondeur de ces musiques transparentes.

Dans la pochette du disque, il explique cette association, cette filiation : « Si l’on devait dessiner un arbre généalogique du répertoire pour piano solo, toutes les œuvres de cet album se retrouveraient à l’extrémité de la branche de Frédéric Chopin. Chopin était sans doute le compositeur le plus idiomatique pour le piano, mais sa musique est l’incarnation d’un affect que de nombreux compositeurs du vingtième siècle ont rejeté d’emblée. Il est donc d’autant plus surprenant que l’un des compositeurs les plus représentatifs du début du 20e siècle, Alexandre Scriabine, ait pris la plume de Chopin comme un point de départ. Peu de compositeurs ont développé leur langage musical aussi rapidement et de façon aussi spectaculaire que Scriabine, et pourtant sa musique pour piano conserve de prime abord un lien palpable avec celle de Chopin. Outre le caractère limpide qu’ils partagent, résultat d’une riche utilisation de pédales, les deux compositeurs ont en commun une connaissance intime des différents registres du piano, et une douce et mélancolique, même élégante, caractérisation de leurs mélodies. Tous ces traits sont également partagés par les œuvres de John Cage, Morton Feldman et Scott Wollschleger présentées ici. Dans ces œuvres, chacun de ces compositeurs américains ne cherche pas tant à réinventer l’utilisation du piano qu’à l’étendre vers un possible avenir. »

« The Transcendentalist », Heresy Records, », distribution Abeille Musique.
Une partie de cet article paraitra dans TGV magazine du mois de juin

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