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Emmanuel Krivine et l’ONBA : Haut les décibels !

ONBA_turangalila_05COMPTE-RENDU – Le chef d’orchestre Emmanuel Krivine dirigeait la 9e symphonie en ré majeur de Bruckner à Bordeaux.

Les amateurs de sensations fortes, de grand volume sonore, ont été ravis hier soir lors du concert de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Sous la direction d’Emmanuel Krivine (lire son interview ici) il affrontait un sommet : la neuvième et dernière symphonie d’Anton Bruckner. Inachevée, elle se donne en une heure mais une heure sans répit ! L’énergie guerrière de cette pièce (pourtant dédiée à Dieu…) balaye toutes les musiques de film (Star Wars !) d’un revers de main. Elle est l’unique œuvre de la soirée, une idée judicieuse. L’ONBA possède les atouts pour relever un tel défi surtout si son sort est entre les mains expertes d’un grand chef. Emmanuel Krivine ne lâche jamais. Il tient la tension, sait pousser la limite sonore sans tomber dans la saturation. Il a réalisé avec les Bordelais un travail en profondeur notamment chez les cuivres, très sollicités, qui se révèlent excellents, nuancés et équilibrés. Chez les cordes, il faut savoir négocier de sévères virages sonores et passer du tonitruant au piano subito (soudainement doux). La clef de la neuvième de Bruckner est sans nul doute dans ce jeu des contrastes, un art que Krivine a porté hier aux nues.

Le 15 janvier à l’auditorium de bordeaux. Article paru dans Sud Ouest du 16 janvier 2015.

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