Compte-rendu : Snowstorm de Arturo Fuentes par l’Intercontemporain Snow Storm – Steam-Boat off a Harbour’s Mouth exhibited 1842 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851 - Snow Storm – Steam-Boat off a Harbour’s Mouth exhibited 1842 Joseph Mallord William Turner 1775-1851 Accepted by the nation as part of the Turner Bequest 1856 http://www.tate.org.uk/art/work/N00530 Full view

Snow Storm - Steam-Boat off a Harbour's Mouth exhibited 1842 Joseph Mallord William Turner 1775-1851 Accepted by the nation as part of the Turner Bequest 1856 http://www.tate.org.uk/art/work/N00530

Compte-rendu : Snowstorm de Arturo Fuentes par l’Intercontemporain

CRITIQUE – Une temSnow Storm - Steam-Boat off a Harbour's Mouth exhibited 1842 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851pête dans un verre d’eau !  L’ensemble intercontemporain offrait hier à Bordeaux la création mondiale de « Snowstorm » du Mexicain Arturo Fuentes. Emmenés par deux flûtes, une quinzaine d’instrumentistes dessinent une « tempête de neige » inspirée, selon le compositeur, par le tableau éponyme de Turner ( photo ci-contre). Glissandos chez les cordes et croches virevoltantes pour les flûtes embarquent rapidement l’auditeur dans le tourbillon neigeux. Un bêlement lancé par la clarinette basse provoque quelques rires… Il est l’annonce d’une tempête plus angoissante, soulignée lourdement par des accords dissonants au piano, à la manière de la bande-son d’un film d’horreur. Cette tempête est d’autant plus cauchemardesque qu’elle ne semble plus finir : alors qu’elle s’apaise, elle repart de plus belle. Les glissandos deviennent stridents, les bois offrent de véritables beuglements. Le charme sombre et nébuleux de Turner disparaît, et avec lui l’attention née de la crainte. On s’ennuie. Et l’on attend que la tempête se finisse doucement… las ! La pièce s’achève avec deux notes, comme la fin attendue d’une chanson.

DSC_5201Cette confusion des sentiments est sans nul doute accentuée par sa place dans le programme : elle vient après deux pièces – « A twillight’s song » de Matthias Pintscher et Cinq pièces op. 16 d’Arnold Schonberg – trop éloignées l’une de l’autre pour créer un climat d’écoute. Dans sa propre pièce, Matthias Pintscher, chef d’orchestre de l’ensemble, met largement en avant l’excellent travail de la soprano Yeree Suh, qui clame plus qu’elle ne chante le poème de E.E. Cummings. Dans Schönberg, il isole presque les cuivres pour mieux lier ensemble les cinq petites pièces qui composent cette œuvre. Des choix d’équilibre ingénieux… pour chacune des pièces.

Le 11 février, auditorium de Bordeaux. Article paru dans Sud Ouest du 12 février 2015.

A lire également, la critique (en anglais) de Michael Johnson.

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