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Cinq heureux après le Concours de prêt d’instruments

L'altiste Jacques Perez et le luthier Philippe Mahu
L’altiste Jacques Perez et le luthier Philippe Mahu

REPORTAGE – Trouver l’instrument de ses rêves : une étape clef dans la vie d’un jeune musicien professionnel. Reportage lors du deuxième Concours de prêt d’instruments de Mécénat Musical Société Générale à Paris.

Neuf candidats, altistes et violoncellistes étudiant en cycle supérieur, se sont présentés les 10 et 11 juin dernier à la deuxième édition du Concours de prêt d’instruments organisé par Mécénat Musical Société Générale (MMSG). Que cherchaient-ils ? « L’amour » a répondu avec finesse l’une des candidates : un instrument avec lequel la symbiose serait totale. Deux violoncelles et trois altos de facture contemporaine et de qualité exceptionnelle étaient en jeu. Ils ont été prêtés pour trois ans à celui ou celle qui a su prouver sa valeur face à un jury composé de musiciens et de professionnels de la musique.

Un à un, les jeunes musiciens ont interprété des extraits d’une Suite de J.S. Bach, des pièces qui peuvent se jouer au violoncelle comme à l’alto. La prestation musicale est essentielle mais pas suffisante : « Ce concours n’est pas une quête de la perfection mais de personnes. On récompense aussi un caractère », selon Alain Meunier, président du jury. La jeune violoncelliste Marion Oudin a affirmé son souhait de poursuivre une double carrière : jouer deux instruments, l’un moderne et l’autre « d’époque », c’est-à-dire monté avec des cordes en boyau, un dispositif idéal pour la musique baroque. Elle a expliqué avec énergie ses convictions et sa bataille : « Lors de mes études, on m’a reproché d’être trop polyvalente… Je ne veux pas choisir. Je ne suis pas une puriste. »

Après leur prestation, les candidats ont pu tester les instruments en compétition, installés sous haute surveillance dans une salle de réunion. Jacques Perez cherchait un alto en adéquation avec sa carrure. « Mon alto actuel est bien mais quand je lâche vraiment le poids de mon bras, le son s’écrase au lieu d’être puissant. » Il a noté son ordre de préférence. Son premier choix est signé du luthier Philippe Mahu.

Tomomi Hirano a d’autres griefs : « Mon violoncelle me frustre. Je ne peux pas trouver certaines solutions concrètes. Des notes ne sortent pas. Depuis quatre ans je passe des concours pour intégrer un orchestre en France et j’ai besoin d’un meilleur instrument. On m’a fait la remarque de son manque de flexibilité. » Un diagnostic confirmé par le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, membre du jury. « Nous avons un rapport très personnel avec nos instruments, explique-t-il. C’est comme une relation humaine, des vases communicants. Quand j’ai dû changer de violoncelle, j’ai eu la chance que Mécénat Musical Société Générale me permette de choisir un autre instrument (un violoncelle de Gioffredo Cappa prêté depuis 2005, ndlr). Les questions qu’on se pose sont nombreuses : vais-je commencer une vie avec cet instrument ? Vais-je jouer de la même manière? Peut-il être ma voix ? » Un autre membre du jury, l’altiste et professeur Gérard Caussé, a souligné le courage des candidats : « En venant ici, ils nous posent une question : « Est-ce que la relation entre mon instrument et moi fonctionne bien ? » Généralement on fait cette démarche seul. C’est remarquable qu’ils s’ouvrent à nous pour ce choix. Cela prouve leur honnêteté : ils veulent savoir… chapeau ! »

Le 11 juin, Alain Meunier, Président de Mécénat Musical Société Générale, et Caroline Guillaumin, Directrice de la Communication du groupe Société Générale, ont fait cinq heureux. L’alto de Philippe Mahu a été remis à Jacques Perez, son premier choix. Celui de Stephan von Baehr à Cynthia Blanchon et celui de Jan B. Špidlen à Orane Murail-Zimmermann. Tomomi Hirano pourra passer ses sélections d’orchestre avec le violoncelle d’Antoine Cauche et Marion Oudin pourra jouer le violoncelle moderne de Patrick Robin.

Article paru sur le site de Mécénat Musical Société Générale.

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