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Festival de Saintes : une journée Bach à couper le souffle

COMPTE-RENDU – Quand deux hommes se rencontrent, il se peut qu’ils parlent voitures. Au Festival de Saintes, ces hommes-là parlent… clavecin ! Jean Rondeau est l’un d’eux. Cette étoile montante du clavier – il a fait sensation aux dernières Victoires de la musique classique – a donné à Saintes un récital consacré à Bach. Son clavecin est une Ferrari : il a l’art de fuguer à toute blinde mais – chose rare – sans jamais apparaître brouillon. Il possède ce cocktail excellent d’audace et d’humilité face au maître J.S.Bach, « le patron » comme l’appelle Rondeau. On est grisé par la déferlante de notes et les lignes mélodiques qui se détachent parfaitement. On les suit comme un paysage qui défile.

La Messe en si est le summum de l’art chorale de J.S. Bach et l’on ne peut rêver mieux que Philippe Herreweghe pour la diriger. Dans une abbatiale pleine à craquer – elle l’était déjà lors des répétitions publiques et gratuites – les festivaliers goutaient chaque note avec ferveur, notamment dans un Credo simplement parfait. Les solistes invités sont des chouchous de Saintes : Dorothee Mields et Damien Guillon ont été acclamés. Ils ont éclipsé la basse Peter Kooy dont la palette vocale a manqué de couleurs dans le Gloria. Certes, il n’est pas aidé par le périlleux air de cor qui l’accompagne. Jouant d’un cor sans piston, Bart Cypers doit rendre la délicate mélodie en usant que de ses lèvres, un exploit ! On sort envouté et déjà un peu nostalgique : le Messe en si est un tel sommet, qu’il nous faudra patienter un peu avant de l’entendre à nouveau à Saintes.

Mardi 14 juillet au festival de Saintes. Article paru le 16 juillet dans Sud Ouest.

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