Violon sur le sable : une diva dans le vent Patricia_Petibon©Bernard_Martinez_CMJN Full view

Violon sur le sable : une diva dans le vent

FESTIVAL – Patricia Petibon est l’une de nos plus célèbres sopranos lyriques (voir portrait ici). Elle vient pour la première fois au Violon sur le sable. Rencontre.

Pourquoi n’êtes-vous jamais venue à Violon sur le sable ?
P.P. : On m’a souvent sollicitée mais je n’ai malheureusement jamais pu le faire ! J’étais toujours prise à ces dates. Cette période de l’année est très riche en festivals d’opéra, en France mais aussi à Salzbourg, etc. Début juillet je participais au Festival d’Aix-en-Provence : travailler intensément sur la musique mais surtout la mise en scène signifie rester deux mois sur place… Je participe volontiers à Violon sur le sable. Ces initiatives qui ont pour but de sortir la musique d’un cadre bien organisé sont très importantes. Toute expérience est intéressante quand on s’y implique. Mon but est toujours le même : offrir aux autres le maximum de cet art très complet qu’est l’opéra.

Qu’avez-vous prévu de chanter ?
P.P. : Je ne peux pas faire de baroque. J’ai dû m’adapter au lieu. Chanter en plein air est compliqué. Il ne faut pas prendre des musiques trop sophistiquées. J’ai choisi un air de Leonard Bernstein, le compositeur de West Side Story, que je trouve à la fois raffiné et populaire. C’est un extrait de son opéra Candide, d’après la nouvelle satirique de Voltaire : c’est drôle, virtuose, décalé. Je chanterai ensuite un air très célèbre de Puccini, « O mio babbino caro ». Avant qu’on invente le CD, on chantait Puccini sur les marchés en Italie. Alors je me suis dit : pourquoi pas sur la plage !

Pas de baroque ? C’est pourtant votre spécialité.
P.P. : Justement ! Pour le baroque je suis une puriste : je veux le chanter avec un ensemble qui joue sur des instruments de l’époque baroque. L’orchestre du Violon joue sur instruments d’aujourd’hui. On n’obtient pas la même dynamique, pas les mêmes couleurs. Le programme que j’ai choisi pour Royan est de la musique du XXe siècle, idéale pour chanter avec un orchestre moderne.

Pourquoi le plein air est-il si délicat pour les chanteurs ?
P.P. : La voix c’est de l’air, une vibration. Sur la plage, on doit chanter contre le vent, au milieu de rien, sans élément solide tel que des murs, du bois, etc. Ce n’est pas si simple d’absorber de l’air et de le transformer en son. Heureusement, les moyens techniques nous aident, mais même la sonorisation a ses limites. Et puis les chanteurs sont des petites bêtes fragiles, vous savez ! L’essentiel est que la musique ne reste pas statique, qu’elle soit vivante, rock’n roll quoi (rires). Il faut de toute façon accepter l’imperfection et prendre des risques car la musique est faite pour être vécue, comme cela, sur le moment. L’important est d’être en complète ouverture sur les autres.

Violon sur le sable. Vendredi 31 juillet, 22h, plage de la grande conche de Royan. Gratuit sur la plage, places en tribune 26€. Article paru dans Sud Ouest du 31 juillet 2015.

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