• Home  /
  • Evenements   /
  • Symphonies pour l’Empereur au Festival Berlioz
Symphonies pour l’Empereur au Festival Berlioz IMG_0127 copie Full view

Symphonies pour l’Empereur au Festival Berlioz

IMG_9842 copie
Le comédien Christian Abart © Delphine Warin / Festival Berlioz

REPORTAGE – Le festival Berlioz relie Histoire et musique autour de la figure de Napoléon Bonaparte.

L’anecdote est connue : admiratif de Bonaparte, Ludwig van Beethoven lui dédie sa troisième symphonie dite « Héroïque ». Quand il apprend en 1804 que le consul s’est fait couronner empereur, il déchire, furieux, sa dédicace ! Admiration ou haine : Napoléon suscite des sentiments variés et la musique de son temps en est le reflet. C’est le propos choisi par le Festival Berlioz qui se déroule jusqu’au 30 août à la Côte-saint-André (Isère).

1815-2015 : l’Isère commémore le retour de Napoléon, fuyant l’Ile d’Elbe et remontant avec quelques fidèles vers Paris. Suivant ce qui est devenu La route Napoléon, le Festival Berlioz s’est ouvert jeudi matin à Corps (Isére). Au pied de la maison où l’empereur aurait passé la nuit, Les Briançonneurs jouent du Cor des Alpes, instrument traditionnel des bergers. L’empereur est là, avec son costume, ses médailles et son chapeau bicorne. Il interpelle la foule et s’inspire de phrases célèbres : « Jusqu’ici j’étais un aventurier. Grâce à vous, je suis maintenant un prince. » Le public, en short et polaire de randonneurs, est amusé par le comédien Christian Abart. Il n’a pas eu de mal à préparer sa prestation : « Quand j’avais dix ans, j’étais déjà fasciné par Napoléon. J’avais lu des livres historiques et je refaisais les batailles avec mes soldats de plomb. »

A midi, les troupes de festivaliers se retrouvent à Laffrey sur la Prairie de la rencontre, où les Napoléoniens firent face aux troupes royales… que l’Empereur a vite ralliées à sa cause. Un tir de canon fait sursauter les spectateurs qui s’avancent pour écouter du Steel Band, un orchestre traditionnel des Caraïbes, clin d’œil à l’impératrice Joséphine née en Martinique. Le Festival Berlioz réussit à faire résonner musique et Histoire. « On a de la musique et du spectacle !, commente Jeanine, une Côtoise (habitante de la Côte-Saint-André) de 81 ans, quelques heures avant le grand banquet donné sous la halle médiévale avec un menu napoléonien et chansons d’époque interprétées par l’ensemble La Clique des Lunaisiens.

Le Banquet napoléonien © Delphine Warin / Festival Berlioz
Le Banquet napoléonien © Delphine Warin / Festival Berlioz

Napoléon, par son caractère, ses réussites, ses échecs et ses amours, est l’icône idéale de la génération romantique. « Hector Berlioz a douze ans en 1815 et son père lui raconte souvent « l’étonnante histoire », explique Bruno Messina, l’inventif directeur artistique du Festival. Berlioz et Napoléon ont en commun d’avoir imprégné l’Histoire, malgré de nombreux échecs ! Les grandes partitions de Berlioz – La Damnation de Faust ou Les Troyens – sont à leur création de véritables Berezina ! Pourtant sa Symphonie fantastique est jouée partout aujourd’hui. » On entendra ce tube au festival le 23 août. Ainsi que des partitions écrites bien après le décès de l’empereur : en 1880, Tchaïkovski compose son « Ouverture 1812 » à la gloire des troupes russes victorieuses de la France. Même les compositeurs du XXe siècle s’y sont mis : Schönberg signe une « Ode à Napoleon » qu’on entendra le 24 août.

Beethoven prendra sa revanche sur son idole en mettant en musique une défaite de l’empereur : « La Victoire de Wellington » (en concert le 26 août) est pleine d’ironie, on y entend même quelques notes de « Malbrough s’en va-t-en guerre »…


Festival Berlioz
OU : à la Côte-Saint-André (Isère), ville de naissance d’Hector Berlioz, et dans quelques communes voisines.
QUOI : un festival de musique classique qui fête cette année Napoléon et son influence sur les compositeurs comme Berlioz, Tchaïkovski et Beethoven.
QUI : le chef d’orchestre John Eliot Gardiner, Denis Podalydès et Didier Sandre en récitants, la star montante du violoncelle Edgar Moreau, le pianiste François-Frédéric Guy, etc.
QUAND : jusqu’au 30 août.
COMBIEN : de 8 à 45 € le concert. Concert gratuit dimanche 30 août à 11h. Gratuit aussi : la légende napoléonienne racontée en chansons par La Clique des Lunaisiens, à 19h tous les jours au musée Hector Berlioz.

Leave a comment