Compte-rendu : l’ONBA avec Chad Hoopes dans Adams et Glass

COMPTE-RENDU – Enfants terribles et gâtés ! Mardi, devant « Les amis de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine », Maxime Pascal décrivait son rôle de chef d’orchestre : il aime faire danser les musiciens et les spectateurs. Cet aveu prenait tout son sens hier. Sans baguette, il dirige de tout son corps : pieds sautillants, genoux souples, épaules énergiques ! Cette agilité n’exclut pas la rigueur métronomique qu’exigent les partitions de John Adams et Philip Glass. Ces compositeurs américains jouent de courts motifs mélodiques qui se répètent et se superposent. Un faux départ casse tout l’effet. Les musiciens de l’ONBA n’ont rien lâché.

Magnifié par la virtuosité du soliste Chad Hoopes (à qui on pardonne son bis, une Fantaisie de Telemann décharnée), le Concerto pour violon d’Adams est brillant. S’il fait penser au Concerto à la mémoire d’un ange de Berg, il emprunte moins à l’Europe qu’au melting pot américain : les percussions d’un mambo, les cuivres du jazz, etc. Les longs crescendos soutenus par d’innombrables pizzicatos évoquent facilement les grands espaces. La musique minimaliste – The Chairman Dances d’Adams notamment – est réjouissante car elle donne le sentiment de courir après elle-même comme un personnage de Tex Avery.

Nourrit-elle en profondeur ? On en doute. « The Light » de Philip Glass émet une lumière pâlichonne, son auteur ne parvenant pas à mettre l’orchestre pleinement à son service. Elle est la musique d’Américains qui portent une parole à la fois grinçante et patriote sur leur pays (Nixon pour Adams, les scientifiques chez Glass). Elle n’est plus avant-gardiste mais toujours contemporaine. Ludique, elle incarne ce regard désabusé des riches habitants de cette planète.

Jeudi 26 Novembre à l’auditorium de Bordeaux. Reprise ce soir pour les -26 ans, 19 h, auditorium. 2 €. 05 56 00 85 95.
Paru le 27 novembre dans Sud Ouest.

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