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Guillaume Connesson prépare un opéra pour Bordeaux en 2017 Guillaume Connesson crÇdit Marie-Sophie Leturcq Full view

Guillaume Connesson prépare un opéra pour Bordeaux en 2017

INTERVIEW – Le compositeur français est l’artiste associé de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine pour la saison 2015/2016. Plusieurs de ses œuvres seront données tout au long de l’année, dont jeudi 3 et vendredi 4 décembre. Il travaille sur un opéra pour Bordeaux en 2017.

Jeudi et vendredi, l’ONBA jouera « Flammenschrift », une de vos pièces…
G.C : C’est une commande de l’Orchestre National de France pour un cycle Beethoven. Elle utilise la même nomenclature (les mêmes instruments, ndlr) que sa Cinquième symphonie. « Flammenschrift » (« Lettre de feu ») y fait clairement allusion et commence par trois notes brèves suivies d’une longue comme le thème si célèbre de cette Ve symphonie. Ma pièce est tumultueuse : elle évoque le personnage de Beethoven, colérique, violent, etc. Elle s’inspire plus largement la musique allemande, de Strauss, Brahms, etc.

La connaissance du répertoire est indispensable pour un compositeur ?
G.C : Une nécessité ! Ne pas connaître ce qui nous précède serait un handicap, comme un enfant qui ne connaît pas sa famille. Je suis un produit de cette tradition, une branche de cet arbre qu’est la musique classique. Je ne l’ai pas apprise mais découverte de manière spontanée : cette musique me parlait, adolescent.

La musique contemporaine fait peur mais pas la votre, pourquoi ?
G.C : Cela tient en un mot : elle est tonale ! Le langage tonal est inscrit dans cette tradition musicale. Il s’appuie sur des phénomènes naturels (la résonance, le duo tension/détente, la répétition rythmique) même s’il s’est transformé au cours des siècles. Mon langage parle immédiatement au public. Mon amour de la mélodie, élément essentiel du langage tonal, du chant, de la danse, du rythme donne à ma musique un aspect direct que je revendique. A la différence d’autres compositeurs, j’aime la musique populaire, les tubes.

Quel avantage avez-vous d’être « artiste associée » à un orchestre ?
G.C. : Le fait d’entendre ma musique sur une période resserrée est passionnant. Du point de vue artistique, celà permet aux musiciens d’un orchestre de se familiariser avec mon écriture. Notre première collaboration date de 2012 : l’Orchestre de Pau m’a co-commandé une œuvre « Malsenita » avec l’ONBA. En juin dernier, ma cantate « Astralis » a été créée par le Chœur et l’Orchestre de Bordeaux. Au troisième programme, ma musique est plus familière aux musiciens qui vont l’aborder différemment.

A quand une nouvelle création pour Bordeaux ?
G.C. : En févier 2017 ! L’Opéra de Bordeaux m’a commandé un opéra-bouffe. « Les bains macabres » est écrit d’après un livret d’Olivier Bleys (écrivain résidant à Bordeaux, ndlr), une suggestion du directeur de l’Opéra, Thierry Fouquet. J’ai déjà écrit le premier acte. Le livret me ravit : Olivier Bleys a une solide connaissance de la musique et une écriture délicieuse. C’est une farce fantastique et policière ! L’histoire a lieu dans un établissement thermal, où l’on découvre une série de meurtres mystérieux. En parallèle, mais les deux histoires vont se retrouver, une jeune employée vit une histoire d’amour via Internet avec… un fantôme !

Article paru le 1er décembre dans Sud Ouest.

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