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Dix ans de Dissonances

COMPTE-RENDU – L’orchestre sans chef Les Dissonances a fêté le 23 janvier ses 10 ans à l’Opéra de Dijon. Reportage.

Un anniversaire à la maison : tel est l’impression que donnait la soirée du samedi 23 janvier à l’Opéra de Dijon. L’ensemble Les Dissonances, fondé par le violoniste David Grimal, y fêtait ses dix ans. Depuis huit ans, cet orchestre sans chef est en résidence à l’Opéra de Dijon qui a cru très tôt à ce projet iconoclaste. « Lors d’un concert, les yeux des spectateurs sont rivés sur le chef, explique Laurent Joyeux, directeur de l’Opéra de Dijon. L’écoute est guidée par ses gestes. Avec Les Dissonances on perd ses repères : c’est simple, seules nos oreilles peuvent nous aider! L’écoute est plus facile pour le public qui ne connaît pas la musique et que la gestique du chef peut déstabiliser. »

Les Dissonances donnent de nombreux concert dans l’auditorium de Dijon doté de 1600 places. Elles étaient toutes occupées lors du concert des dix ans qui proposait au public une grande soirée symphonique. La soirée s’est ouverte avec le « Double concerto pour violon et violoncelle en la mineur » de Johannes Brahms avec David Grimal au violon et Xavier Phillips au violoncelle, qui ont offert un dialogue d’une grande intensité. « Il y a dix ans, se souvient David Grimal à l’issu du concert, nous avons commencé avec un effectif réduit. Les Dissonances jouaient Haydn et Mozart. La résidence à l’Opéra de Dijon nous a permis d’aborder Beethoven et de franchir un cap. Brahms… je ne savais pas qu’on y arriverait ! ».

Les deux solistes du Concerto ont ensuite rejoint les rangs de l’orchestre pour interpréter la Cinquième symphonie de Dimitri Chostakovitch (1906-1975), une œuvre marquée par l’Histoire. Composée durant les purges staliniennes du milieu des années trente, cette symphonie présente un double visage car le compositeur écrit sous la pression des officiels du régime. En juin 1937, il a composé trois mouvements aux motifs tragiques, quand il apprend la déportation de sa sœur. Chostakovitch signe alors un dernier mouvement « optimiste et plein de vie », précise-t-il… « une joie de commande » analyse Stephen Sazio, le dramaturge de l’Opéra de Dijon.

Les Dissonances donnaient cette œuvre pour la première fois de sa jeune carrière. Un coup de maître. Pris par l’émotion, le public de Dijon a vivement applaudit son « ensemble maison ». Bon anniversaire Les Dissonances !

Article écrit pour le site de Mécénat Musical Société Générale

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