Première saison de Marc Minkowski à Bordeaux Marc MinkowskiPhoto: Marco Borggreve for Naive - Marc Minkowski Photo: Marco Borggreve for Naive Full view

Première saison de Marc Minkowski à Bordeaux

VisuelsaisonCONCERTS – L’opéra de Bordeaux a présenté le 27 juin sa nouvelle saison avec un gros mois de retard : l’attente était grande pour découvrir le première saison depuis l’arrivée de Marc Minkowski à la tête de l’Opéra de Bordeaux.

Le chevalier rêveur
Don Quichotte ouvre cette saison. Une production maison, originale et intelligente, qui associe différentes partitions autour du héros de Cervantes : celles de Ravel, Strauss, de Falla et Massenet. La nouveauté vient aussi que les spectateurs commenceront le voyage à l’auditorium et le finiront au Grand-Théâtre. La rumeur veut que Marc Minkowski ait rêvé que le transfert d’un lieu à l’autre se fasse à dos de cheval ou d’âne. Rendez-vous le 17 septembre pour vérifier.

« Glitter and be gay »
« Brille et soi joyeuse », nous dit Cunégonde dans « Candide » de Bernstein qui sera donné en janvier 2017 à l’Opéra de Bordeaux. On méditera cette phrase car la programmation lyrique de cette saison ne brille pas, faute de moyens parait-il. Il n’y aura que trois opéras mis-en-scène : « Candide », « Orfeo » de Rossi par Pygmalion en mars, « Les Pêcheurs de perles », production maison, en mai. C’est peu, très peu, quand l’année précédente – déjà une année de vaches maigres – l’Opéra en proposait six. Et pas de bel canto… On se rattrapera sur les versions de concert de L’heure espagnole (en décembre) ou quelques oratorios en date unique.

Deux maestros sont sur un bateau
L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine se défend bien : 32 concerts cette saison 16/17 contre 28 l’année précédente. Paul Daniel, le directeur musicale, est très présent et s’entoure de solistes de renom : Nicholas Angelich, Antoine Tamestit, Vanessa Wagner, Alexandre Tharaud, entre autres. La plupart étaient déjà à l’affiche ces dernières années. Les nouveaux venus ? Yo-Yo Ma (en duo avec Kathryn Stott, sa partenaire de longue date), Herve Niquet qui nous offrira surement l’un des temps forts de cette saison (un concert pour les 120 ans de la Librairie Mollat), Bobby McFerrin, fer de lance d’une belle programmation jazz, la soprano Annick Massis qui n’était pas venue depuis plus de dix ans, les violoncellistes Truls Mørk et Sonia Wieder-Atherton (dans son hommage à Nina Simone). Marc Minkowski dirigera cinq fois l’ONBA ou ses Musiciens du Louvre dans différents répertoires : Armide de Gluck, le ballet « Coppélia », l’oratorio de Noël « El Pesebre » de Pablo Casals.

Money, Money, Money
Apprenant qu’Alain Juppé, maire de Bordeaux, ne pourrait être là pour le soutenir dans cette présentation de saison, Marc Minkowski lui a demandé : « Que vais-je répondre à ceux qui souligneront qu’il y a moins d’opéras mis en scène ? » La réponse du maire : « le futur de l’Opéra de Bordeaux est dans le mécénat et pourquoi pas dans le crowdfunding ». Ca n’a pas fait rire la salle des abonné(e)s et des fidèles qui soutiennent l’opéra par l’achat de billets et par leurs impôts. Le budget de la maison est de 32 millions d’euros annuels. La grille des tarifs a d’ailleurs été simplifiée. Si le pass étudiant a été maintenu, le prix des places pour les concerts symphoniques a augmenté, passant de 40 à 50€ en première catégorie.

Entre un petit éventail lyrique et une saison symphonique qui se place dans la continuité du travail de l’ancien directeur Thierry Fouquet, difficile d’identifier le « style Minkowski ». Lui même a botté en touche quand je lui ai posé la question. On attendra la saison prochaine alors ?

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