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La légende d’Arthur ouvre le Festival de Saintes 2016

L’ensemble Vox Luminis a donné le « King Arthur » de Purcell en ouverture du festival de Saintes.

Que n’a-t-on pas écrit sur ce roi Arthur ! Entre « L’Histoire des rois de Bretagne » au Xe siècle et « Kaamelott », la série télévisée d’Alexandre Astier, se glisse un opéra de Henry Purcell, compositeur britannique de l’époque baroque. « King Arthur », chef d’œuvre de la musique classique, était proposé en ouverture du Festival de Saintes par l’ensemble Vox Luminis. Comme au Midsummer festival d’Hardelot où l’ensemble avait interprété ce « King Arthur » quelques jours plutôt, cet opéra était donné en version concert : sans costumes ni décor, mais pas sans jeu ni relief !

« King Arthur » est créé en 1691 à Londres. « Il s’agit d’un semi-opéra, nous explique la dramaturge Isaline Claeys qui a travaillé avec les Vox Luminis. A l’époque, voulant rivaliser avec les Italiens, Charles II d’Angleterre crée ce genre musical typiquement anglais qui associe langage parlé – du théâtre – et la musique. Le compositeur Henry Purcell s’est associé avec le poète John Dryden. »

« Dans sa version originale, précise Lionel Meunier, directeur musical des Vox Luminis, une pièce de théâtre était glissée dans le spectacle musical… L’opéra durait alors quatre bonnes heures ! » Aujourd’hui la plupart des interprétations se focalisent sur la musique de Purcell, et ne présentent plus la partie théâtrale, une grande perte pour Lionel Meunier: « On ne comprend plus rien à l’histoire ! Des personnages importants disparaissent, comme Merlin l’enchanteur. » « Le texte donne la part de drame à l’histoire d’Arthur, poursuit Isaline Claeys, tandis que la musique apporte le côté magique et mythologique. L’un sans l’autre, ca devient incompréhensible. »

La dramaturge et le musicien ont donc eu l’idée d’intégrer un comédien pour raconter l’histoire du Roi Arthur, le tout dans une langue actuelle, afin de guider les spectateurs… et de réduire le spectacle à deux heures ! « Le texte de John Dryden est très long et très difficile, explique Isaline Claeys. C’est une écriture dans l’esprit de Shakespeare. J’ai préféré réécrire un texte nouveau en gardant les trois grandes lignes de la narrations ». Trois histoires en une donc : Arthur se battant pour repousser les Saxons du Royaume de Bretagne, Arthur se battant pour récupérer sa bien-aimée Emmeline capturée par son ennemi, Merlin se battant contre les forces maléfiques mobilisées par les méchants Saxons.

La scène du froid
Tout y est, dans cet opéra : les trompettes et les tambours pour rythmer des scènes de guerre, le luth pour bercer le duo d’amour entre Arthur et sa belle ou encore une scène de beuverie entre les chevaliers victorieux. On y croise aussi un « tube » de la musique baroque : la « scène du froid » dans laquelle la musique rend de manière exquise l’effet produit par le froid sur le corps. Les chanteurs, transis, peinent à articuler… un effet génial qui rendit Purcell très célèbre.

Lionel Meunier dirige, chante et joue de la flûte… et vit tout avec passion. Il faut le voir écouter ses compagnons le visage captivé, le corps enchainé à la musique. Pour les habitués du festival de Saintes, c’était  une joie de retrouver ce grand chef et sa bande de copains. Il y a quelques années, les Vox Luminis réunissaient de jeunes chanteurs encore bouche bée de voir l’abbatiale de l’Abbaye aux Dames pleine à craquer pour entendre les musiques allemandes du XVIIe siècle (Voir notre compte-rendu à l’époque). Le public avait découvert des voix extraordinaires, chaque chanteur ayant un fort caractère et formant pourtant un ensemble d’une très grande cohérence. Les Vox Luminis étaient revenus ensuite régulièrement, notamment en résidence à l’Abbaye aux Dames. Le succès et le travail qui ont suivi les ont fait gagner en maturité et en expressivité. Lionel Meunier a également su trouver les musiciens capables de se fondre dans cette joyeuse bande, une vraie plus-value par rapport à la version proposé à Utrecht l’année passée. Ils révèlent dans « King Arthur » qu’ils sont aussi bons chanteurs qu’acteurs. Vivement de les voir dans une grande mise-en-scène.

Vendredi 8 juillet, 21h, Abbatiale.

Article paru dans Sud Ouest (Saintes) du 8 juillet 2016 et légèrement modifié.

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