A Sisteron, on danse, on joue, on chante Nuits Citadelle Sisteron - ©Camille Moirenc Full view

A Sisteron, on danse, on joue, on chante

FESTIVAL – Theatre, danse et musique : le festival Les Nuits de La Citadelle à Sisteron touche à tout.

C’est l’un des plus vieux festivals de France. Les Nuits de la Citadelle à Sisteron ont commencé en 1956… mais bien avant cela on organisait déjà des spectacles dans le décor époustouflant entre Provence et Dauphiné. « En 1928!, annonce avec fierté Edith Robert la directrice du festival. La mairie de Sisteron avait hérité de cette citadelle militaire et ne savait pas trop quoi faire des 10 hectares de murailles qui tombaient en ruine ! » Construite au XVIe siècle sur un piton rocheux dominant la vallée de la Durance, la citadelle de Sisteron était selon Henry IV « la plus puissante forteresse du Royaume de France.

Un homme à l’idée d’y organiser des spectacles : Marcel Provence avait vu au festival lyrique des Chorégies d’Orange comment la culture et le patrimoine faisaient bon menage. Il ose reconvertir un bâtiment militaire en salle de spectacle et fait appel à la troupe de La Comédie Française – le Festival d’Avignon n’existait pas lui ! Au pied des remparts, devant une vue à 180 degrés sur les Alpes de Hautes-Provence, il installe 2000 spectateurs pour écouter les histoires de Cyrano de Bergerac, du Cid et de Phèdre. Le soutien de la ville et le produit des entrées permettent d’engager la restauration des bâtiments historiques de Sisteron et au festival de s’entendre : si les grands spectacles de théâtre et de danse sont donnés au pied de la face Nord de la Citadelle, la musique sacrée est programmée à la cathédrale Notre-Dame des Pommiers datant du XIIe siècle et la musique de chambre au cloître Saint-Dominique (XIIIe).
La 61e édition du Festival continue dans cette veine avec des spectacles en tous genres. Il a ouvert avec un récital de musique baroque par le contre-ténor Philippe Jaroussky avant d’accueilli une compagnie de danse new-yorkaise dans « Rock the ballet ». Mardi, le comédien Lorànt Deutsch et sa compagne Marie-Julie Baup ont enthousiasmé les festivaliers avec « Irma la douce », chef d’œuvre du theatre musicale qui a fait succès à l’automne à Paris. Les comédiens ont pris les spectateurs à parti provoquant rires et bonne humeur … Et dans cette troupe de talent la grande Nicolle Croisille, tenancière du bar-hôtel où travaille Irma, prouve qu’elle a encore de l’énergie à revendre. (Voir encadré)
Aujourd’hui la Citadelle attend le comédien Daniel Mesguich et son fils William dans un dialogue philosophique entre Descartes et Pascal. Jusqu’au 13 août, Sisteron fait place à la musique classique : un opéra de Mozart, Edgar Moreau le jeune prince français du violoncelle, de la musique tzigane et enfin le pianiste classique Roger Muraro qui jouera un concerto de Ravel. Sur certains spectacles les Nuits compte 35% de spectateurs habitant Sisteron. « Pour une ville de 8000 habitants c’est pas mal », lance avec fierté Edith Robert citant Malraux. Notre credo est d’apporter la culture au plus grand nombre. Souvent des gens me disent « la culture, je n’y comprends rien » et je leur réponds « faites un petit effort, ça vaut le coup! »

 
Dernier concert le Samedi 13 août au Théâtre de la Citadelle 0 21 H 30 : Concert Ravel avec l’Orchestre Synphonique Ose ! et le pianiste Roger Muraro dirigés par Daniel Kawka.
Au programme :
Mahler : Adagietto de la Symphonie n°5
Sibélius : Symphonie n°6 en ré mineur
Ravel : Concerto pour piano et orchestre en sol et Boléro
 

Nuits de la Citadelle, jusqu’au 13 août à Sisteron (Alpes de Haute-Provence). 15 à 60 €. Www.nuitsdelacitadelle.fr

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Nicole Croisille sur la route des festivals
Il est une heure du matin, les artistes de « Irma La douce » dînent rapidement avant d’aller au lit. Seule Nicole Croisille demande un café serré ! « Je prend la route, explique la comédienne attendue au Festival Nava à Limoux. De toute manière après le spectacle j’ai trop d’énergie pour dormir. C’est mon heure. » À 80 ans Nicolle Croisille a toujours une énergie folle. Depuis le 15 juillet elle parcours la France avec pas moins de deux tournées : « Irma la douce » mis en scene par Nicolas Briançon et « L’Opera de Quat’sous » mis en scène par Olivier Debordes. À chaque fois elle joue et chante avec un bagou et un charisme fous. « Tous les étés c’est comme ça!, s’amuse l’artiste. Nous faisons un métier que beaucoup pensent tranquille mais il faut la santé, constate Nicolle Croisille qui fait attention à son assiette et à son corps. « Même si je connais mes capacités ça ne me rassure pas pour autant ! On fait cela car on aime se mettre en danger. Alors on se sent vivant ! »

Article paru le 29 juillet dans Le Parisien.

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