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Fidélio en concert-vidéo par l’Orchestre de Chambre de Paris

OPERA – Fidelio, l’unique opéra de Beethoven n’est pas le plus simple à mettre en scène. L’Orchestre de Chambre de Paris propose jeudi une expérience originale : une version vidéo-concert de « Fidelio ». Les vidéos sont signées Peter Mumford.

Depuis les années 1970, et peut-être même depuis 1924 quand Erik Satie compose pour les images d’« Entracte » de René Clair, la vidéo est devenue la meilleure amie de la musique classique. Cet art de l’image né au XXe siècle a ouvert de nouvelles perspectives pour la création musicale : la « musique à l’image » va du cinéma aux jeux vidéos en passant par la création plastique. Et l’utilisation d’image pour mettre en valeur la musique classique rencontre de plus en plus de succès.

La vidéo est régulièrement utilisée dans la mise en scène d’opéras comme lors de concerts de musiques orchestrales ou de récitals : en 2009, le plasticien sud-africain Robin Rhode collabore avec le pianiste Leif Ove Andsnes à l’illustration des « Tableaux d’une expositions » de Modest Moussorgski. En 2005, le « Tristan Project » de Bill Viola fait sensation : une vidéo de quatre heures sert de décors pour la production du « Tristan et Yseult » de Wagner à l’Opéra de Paris par le metteur en scène Peter Sellars.

Pour Fidélio, l’Orchestre de chambre de Paris s’est tournée vers Peter Mumford. Le Britannique est un habitué de l’outil vidéo. Il l’a déjà utilisée pour mettre en scène la Tétralogie de Wagner, les quatre opéras du cycle « Der Ring des Nibelungen », pour Opera North, grande compagnie lyrique d’Angleterre. Séduit par cette proposition artistique, Douglas Boyd a demandé à Peter Mumford de travailler avec lui sur « Fidelio » de Beethoven qu’ils présentent le 24 novembre, avec l’Orchestre de Chambre de Paris, à la Philharmonie de Paris.

« En anglais, nous explique Peter Mumford, les concerts « mis en espace » sont appelés « semi-staged ». C’est une expression que je déteste car elle semble dire qu’on a fait les choses à moitié ! Comme si on s’excusait de faire de la vidéo, parce que ça coûte moins chère qu’une vrai mise en scène ! Les opéras sont faits pour être mis en scène, incarnés. Mais la vidéo va être très pertinente pour une œuvre comme « Fidelio » qui a une structure dramatique très délicate (l’intrigue avance par à coups, ndlr). La vidéo permet de soutenir la structure de l’œuvre. » Autre atout : la vidéo aide à suivre l’intrigue et le texte allemand, notamment les Singspiel, ces moments semi-parlés qui échappent souvent au spectateurs non-avertis. On vérifiera jeudi à la Philharmonie !

Jeudi 24 novembre 2016 à 19h30. Grande Salle Pierre Boulez – Philharmonie de Paris.

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